La Croix Manquante pour la Pureté


 

Sans Croix, Pas de Couronne

(Sans Croix, Point de Couronne)

Où Peut Être Atteint
le Chemin du Salut
et Réfuter les Autres

Un Discours démontrant que la Discipline de la Sainte Croix du Christ,
et le Renoncement de Soi, ainsi que le Port Quotidien de la Croix de Christ,
est le Seul Chemin vers le Repos et le Royaume de Dieu.

Par

William Penn

Fondateur de la Pennsylvanie et du Jersey Occidental


Publié en 1682

(Le texte a été modernisé selon le besoin dans l'expression et le langage )
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Venant de la Parole du Seigneur à l'intérieur :
« Les deux livres les plus importants sur ce site sont:
Le Journal de George Fox
et Sans Croix, Pas de Couronne par William Penn.
Sans Croix, Pas de Couronne, l'un des meilleurs livres écrits en tous les temps ;
qui a prononcé ces audacieuses phrases déterminées ? »

Willliam Penn
(1644-1718)

William Penn, William Penn, fondateur de la Pennsylvanie et du Jersey occidental, faisait partie de la classe aristocrate, un intellectuel haut niveau, qui a parlé plus de cinq langues. En règlement de la dette du Roi envers son père, il lui fût octroyé par le Roi de vaste territoires, qui forment maintenant l'État de la Pennsylvanie et le New Jersey occidental. Il souhaitait nommer sa colonie Nouvelles Galles, mais le conseil du roi insista pour qu'elle soit appelée Pennsylvanie, en dépit de ses demandes.


Il établi des colonies dans le nouveau monde afin d'échapper aux persécutions religieuses que les Quakers éprouvaient de la part des Puritains, Baptistes, Presbyteriens, et des Anglicans de l'Angleterre et de l'Europe ; ces colonies eurent une influence significative dans l'organisation du future Gouvernement adoptés par les États-Unis d'Amérique. Ses colonies possédaient la pleine liberté de religion, des jugements équitables, les représentant au pouvoir élus par le peuple, et une separation de pouvoir —encore des idées qui formeraient les Bases futures le la Constitution Américaine. Bien en avant de son temps, Penn écrivit et encouragea l'Union de toutes les colonies Anglaises lesquelles devînrent les États-Unis d'Amérique. Il fût également le premier à proposer les États Unis d'Europe comme moyen de prévenir les guerres continuelles sur le continent. Pour plus d'information au sujet de William Penn, cliquez.

Le père de William Penn était amiral Penn et tandis que Oliver Cromwell a gouverné l'Angleterre comme Lord Protecteur, la famille Penn a été exilé en Irlande. L'amiral était royaliste, soutenant le fils du roi déchu revendication légitime à la couronne. L'amiral invité un prédicateur Quaker, Thomas Loe, de venir à son domicile afin qu'ils pourraient juger de première main ce qui était le message controversé du Quakers ; jeune William a été profondément impressionné à l'âge de douze ans. Lorsque l'héritier légitime de la couronne, Charles II, est revenu au pouvoir, le soutien précédent de l'amiral Penn lui catapulté à devenir Lord de l'Amirauté et être fait chevalier par le puissant soutien du roi Charles II et son frère, le futur roi Jacques II. Lorsque à Oxford, quatre ans après, William rencontra à nouveau Thomas Loe, qui tenait quelques réunions là bas. Ses sérieuses impressions fûrent approfondies, et il décida de se joindre aux Quakers.

À l'age de vingt quatre ans Penn devînt ministre Quaker, et il servi loyalement son Seigneur et Maître magnifiquement durant toute sa longue vie. Penn était un géant dans aux premiers Quakers : servait leur cause à la cour royale de Jacques II ; fondateur et gouverner d'une colonie en Amérique ; écriture beaucoup brochures et beaucoup livres importants ; et étant un ministre de trente ans trente ans dans toute Angleterre, ainsi que l'Irlande, l'Amérique, Hollande et Allemagne.

Penn a choisi peut-être la voie la plus difficile possible pour un chrétien : d'être chrétien et aussi d'être un chef de gouvernement. Les moins de décisions, le plus simple est votre vie, plus il est facile de rester fidèle aux exigences de votre Dieu. Avec courage que je ne peux pas imaginer, Penn labouré par des décisions, les négociations, l'administration et le gouvernement d'une région de la taille de l'Angleterre — wavec la foi en son Dieu et avec les actions qui resté fidèle à des principes chrétiens. D'un désert boisé, il a sculpté une colonie qui a dépassé rapidement leurs voisins coloniaux âgés, tout en créant et en maintenant la paix avec l'Indien que n'a jamais été égalé. Il marchait le haut-fil de la puissance séculaire avec humilité chrétienne; quelques-uns pourraient même approcher ses réalisations séculaires, et peu serait capables en mesure de correspondre à son maintien de la vertu chrétienne tout le temps. Il avait les réalisations d'un César, mais avec la gentillesse et la douceur le plus grand serviteur qui ait jamais vécu, son Seigneur Jésus-Christ. En vérité, il était d'une noblesse chrétienne que nous ne pourrons jamais voir nouveau dans l'histoire.

En France et sur le continent de l'Europe ce grand hommes saisie par La Sainte Expérience de la Pennsylvanie comme étant le plus remarquable évènement de l'Age. Pour ces hommes, amenés sous une version Romaine de la Chrétienté et accoutumés aux atrocités ainsi qu'aux horreurs infligé par Cortes et Pizarro sur le peuple d'origine sud Américains, la pensée d'un Chrétien gardant sa promesse inviolé pendant plus de quarante ans avec les indiens paiens fut un idéalisme réalisé. Cela fut comme un rafraichissement dans un grand désert tourmenté. Qui était cet homme, et quel genre d'étrange Chrétien était donc celui qui tenait parole avec les paiens ; pour avoir fait ce que pesonne n'avait jamais été fait auparavant, et ce qui n'aurait jamais été fait ? Voltaire était enchanté, et dès ce moment il aima les Quakers ; et eut même l'idée d'aller en Pennsylvanie dans le but de vivre parmi eux.

Sans Croix, Pas de Couronne est la œuvre majeure de Penn, écrit alors qu'il était emprisonné dans la Tour de Londres pour avoir écrit une brochure qui a contesté les dominants établis vues anglicanes de l'Église ; ils ont affirmé qu'il niait la divinité du Christ et lui emprisonné pour hérésie. Loin de nier la divinité du Christ, son Seigneur et Maître, Penn exalte Christ tout au long de ce livre, tout en plaidant avec ceux qui se disent chrétiens à prendre conscience de la fausseté de tout salut qui ne repose pas sur leur souffrance sur la croix; et montre comment, en suivant les traces du Christ, pour être vraiment sauvé des péchés des cupidités, les passions, les esclavages et les émotions — par conséquent pour arriver à la paix éternelle, la joie et le repos — dans cette vie.

Les des tromperies de trois cents ans, comme décrit par Penn dans ce livre, sont encore plus aujourd'hui. Les tentations et les distractions du monde ont augmenté de façon exponentielle — fabrication ses avertissements, appels et des conseils dans de cette écriture encore plus important aujourd'hui.

Les écrits de Penn témoignent de sa propre possession de Christ en grande mesure.

Préface

Chers Lecteurs ,

La grande occupation de la vie de l'homme est de comprendre le but de sa vie, pourquoi il est en vie ; pour glorifier Dieu et sauver son âme. C'est là le décret divin, aussi vieux que le monde. [Le seul but de la vie est de chercher Dieu et, en le trouvant, il entre dans l'union avec Lui .] Cependant l'homme ne néglige rien autant que ce qui devrait lui tenir le plus à coeur, et il dédaigne de s'informer de l'origine, du devoir et de la fin de son propre être (les pas qu'il devrait franchir pour arriver à la béatitude); choisissant plutôt de dédier ses jours à gratifier l'orgueil, l'avarice, et la luxure de son coeur. Agissant comme s'il était né pour lui-même ou qu'il s'était lui-même crée, n'étant ainsi pas sujet au contrôle et au jugement d'une puissance supérieure, son Créateur. L'homme misérable c'est mis dans cette condition lamentable et barbare en désobéissant à la Loi de Dieu qui est inscrite dans son coeur, en faisant ce qu'il savait ne pas devoir faire, et en abandonnant ce qu'il savait devoir faire. Et aussi longtemps que ce mal continuera de sévir chez l'homme, il fera de son Dieu son ennemi, et il sera incapable de recevoir l'amour et le salut que Dieu a crée par Son Fils Jésus-Christ pour le monde.

[*Alors que le sacrifice de sang du Christ rendait la loi mosaïque obsolète, la loi intérieure sur le cœur de chaque homme est toujours vivante, jamais annulée, (qui loi intérieure includ le noyau moral de la loi mosaïque) ; et cette loi intérieure, par laquelle tous les hommes seront jugés, Romains 2:14-16, doit être obéie. Elle fait nous sentir mal lorsque nous mentons ou que nous volons. Les lois morales de la loi intérieure dépassent les lois morales extérieures (mosaïque), car, comme Jésus l'a dit, il est venu pour accomplir la loi ; et alors il nous a dit comment il devait être renforcé, lequel la loi intérieure accomplit. Cette loi intérieure renforcée peut être comprise ont été violés quand vous démontrez un fruit de la chair, qui comprend : les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la convoitise, la méchanceté, la fraude, le manque de retenue, l'envie, les blasphèmes, l'orgueil, la folie, impureté, cupidité, le manque de retenue, l'idolâtrie, la sorcellerie, la haine, les disputes, la jalousie, la rage, l'égoïsme, les divisions, les festivités (faire la fête, les partys), colère, ivrognerie, fierté, vulgarité, vantardise, impudeur, propos insensés, flatterie, immoralité, etc. Quelconque l'un tout de ces fruits disqualifie un homme du ciel. Pour plus à ce sujet voyez : Jusqu'à ce que Vos Paroles et Vos Actes soient Incités par Dieu, Vous Devez Obéir à la Loi Intérieure dans le Coeur de Chaque homme.]

Lecteurs, si tel est votre cas, le conseil que je vous donne est de vous retirer à l'intérieur de vous-mêmes, et faire un examen appronfondi de la condition de votre âme, car le Christ vous a donné la lumière nécessaire pour le faire. Recherchez profondément, avec soins ; car votre vie en dépend ; il s'agit du salut de votre âme. Il suffit de faire cela une fois, mais si vous vous abusez vous-même en cela, la perte en est irréparable. Le monde serait inssuffisant pour payer votre rançon. Irez-vous donc vous attarder dans ce monde sans valeur, repousser l'heure de votre salut, et ainsi perdre votre âme ? Cela, je vous le concède, doit se faire avec grande patience ; mais cette patience a aussi une fin. C'est pourquoi ne provoquez pas ce Dieu qui vous a fait, à vous rejeter. Savez-vous ce qu'il en coûte ? C'est l'Enfer, l'angoisse éternelle des damnés. Oh! Lecteurs, comme je connais les terreurs du Seigneur, je plaide avec vous d'être sérieux, diligents, et fervents dans votre quête du salut. Oui, et comme je connais aussi le réconfort, la paix, la joie, et les plaisirs de la voie de la droiture, je vous exhorte et vous invite à embrasser les reproches et les condamnations de la lumière et de l'Esprit du Christ dans votre propre conscience, et à vous soumettre aux jugement que méritent tous ceux qui oeuvrent dans le péché. Le feu ne brûle que le chaume. Le vent ne souffle que la paille. Abandonnez votre corps, votre âme et votre esprit à Celui qui rend toutes choses nouvelles ; de nouveaux cieux, une telle nouvelle, un amour nouveau, une joie nouvelle, une paix nouvelle, des oeuvres nouvelles, une conversation et une vie nouvelle. Les hommes ont été corrompus et rendus impurs par le péché; et ils doivent être sauvés par le feu qui les purifie du péché. C'est pourquoi la « parole de Dieu » est comparée à un feu, et le jour du salut à une fournaise ; et le Christ Lui-même à un raffineur et un purificateur d'or et d'argent.

Venez, Lecteurs, écoutez-moi quelques instants ; c'est votre salut que je recherche; c'est là mon dessein, veuillez me pardonner. Un raffineur est venu près de vous, Sa grâce vous est apparue. Elle vous montre les convoitises du monde, et Elle vous enseigne à y renoncer. Recevez Son levain, et Il vous transformera ; Lui, avec Sa médecine vous guérira. Il est aussi infaillible que généreux ; Il ne demande pas d'argent, mais vous offre la certitude de guérir. Autrefois, il suffisait de toucher son vêtement, cela suffira encore : Sa vertu est la même, elle est inépuisable, car en lui réside la plénitude. Bénit soit Dieu pour Sa puissance suffisante. Il lui a donné le pouvoir d'aider les hommes, afin qu'Il puisse sauver tous ceux qui viendraient à Dieu par Lui. Soyez de ceux-là, et Il vous transformera : oui, il changera votre corps vile en son corps glorieux. Il est en vérité, le grand Philosophe, la Sagesse de Dieu, qui change le plomb en or, et les choses viles en choses précieuses. Car des pécheurs Il fait des saints, et des hommes Il fait presque des Dieu. Que nous reste-il donc à faire pour être ainsi les témoins de sa puissance et de son amour ? C'est là qu'est la Couronne, mais où est la Croix ? Où sont la coupe amère et le baptême de sang ? Venez, Lecteurs, soyez comme Lui ; vers cette joie transcendante, levez la tête au-dessus du monde ; alors en vérité, votre salut sera proche.

La Croix du Christ est le chemin qui mène à la Couronne du Christ. C'est là le sujet du traité suivant, que j'ai écrit tout d'abord à l,époque de ma détention à la Tour de Londres, en l'année 1668, maintenant réimprimé avec de grands développements de sujet et de témoignages, afin que vous, lecteurs soyiez gagnés au Christ ; et si vous y êtes déjà gagné, d'être amenés encore plus près de Lui. C'est un sentier où Dieu, dans sa bonté éternelle, guida mes pieds en la fleur de ma jeunesse, alors que j'étais âgé de 22 ans. Puis il m'a prit par la main, et m'a éloigné des plaisirs, des vanités, et des espoir du monde. J'ai goûté les jugements et les miséricordes du Christ, et j'ai essuyé de la part du monde, du mépris et des reproches. Je me réjouis en l'expérience acquise, et la dédie à votre service en Christ. C'est une dette que j'ai longtemps due, et qui a été longtemps attendu. Je l'ai maintenant acquittée, et j'ai délivré mon âme. Cette oeuvre, je la laisse à ma patrie, et au monde Chrétiens. S'il plaît à mon Dieu de la leur rendre utile à eux tous, et de détourner leurs [les Chrétiens] coeurs de cette envie, de cette haine, et de cette amertume, qu'ils ont les uns envers les autres, à propos de choses mondaines ; sacrifiant l'humanité et la charité à l'ambition et à la convoitise, qui leur font remplir la terre de trouble et d'oppression ; de sorte qu'en recevant dans leurs coeurs l'Esprit du Christ, dont les fruits sont l'amour, la paix, la joie, la tempérance, et la patience, l'amour fraternel, et la charité, ils puissent faire encore en leur corps, leur âme, et leur esprit, une triple ligue contre le monde, la chair et le diable, qui sont les ennemis communs de l'humanité ; et que, les ayant vaincu par une vie de renoncement de soi même à travers la puissance de la Croix de Jésus, ils puissent finalement accéder au repos éternel et au Royaume de Dieu.

Alors désirez cela et priez pour cela, Amis Lecteurs.

Votre fervent Ami Chrétien,

William Penn

Worminghurst, Sussex, le 1er du 6e Mois, 1682

CHAPITRE I

Quoiqu'il soit d'une importance infinie pour l'âme des hommes de connaître la doctrine de la Croix de Christ et de lui obéir, d'autant c'est la seule porte du véritable Christianisme, et le sentier par où les anciens sont toujours parvenus à la béatitude ; il me faut pourtant dire, avec un extrême regret, que cette doctrine est si peu comprise, si négligée, et, ce qu'il y a de pire, si amèrement contredite par la vanité, la superstition et l'intempérance de ceux qui font profession d'être Chrétiens, qu'il nous faut, soit renoncer à croire ce que le Seigneur Jésus nous a dit, à savoir que quiconque ne porte pas sa croix et le suit ne peut être son disciple (Luc 14:27) ; ou l'admettant pour une vérité, conclure que la plupart des Chrétiens se déçoivent et s'illusionnent misérablement eux-même dansle grand ouvrage du Christianisme et en l'affaire importante du salut.

2.Car, quelque tendresse et quelque charité que nous ayons en examinant ces nations quiprétendent avoir quelques droits au saint nom du Christ, si nous voulons aussi rendre justice à la vérité, il nous faut nécessairement admettre, qu'en dépit de tous les gracieux avantages de la lumière, et et toutes les obligations que ces derniers âges du monde ont d'être fidèles par la venue, la vie, la doctrine, les miracles, la mort, la résurrection et l'ascension du Christ, avec les dons de son Saint Esprit ; auxquels il faut ajouter les écrits, les œuvres, et le martyre de ceux qui dans tous les temps ont été ses chers disciples, il semble ne leur rester que fort peu de choses du Christianisme, hormis le nom ; qui étant de nos jours usurpé par l'ancienne nature et vie païennes, ne rend ceux qui en font profession que de véritables païens déguisés. Car, quoiqu'ils n'adorent point les mêmes idoles [comme des païens], ils servent le Christ avec le même [mauvais] cœur [comme font les païens] : ce qui ne peut jamais être autrement tandis qu'ils vivent dans les mêmes convoitises. De sorte que le Chrétien non mortifié et le païen, n'ont tous les deux qu'une même religion. Car, bien qu'ils adresdsent leurs prières à des objets différents, cette adoration tant chez l'un que chez l'autre n'est qu'apparence et cérémonie, et la divinité qu'ils servent véritablement est le dieu du monde,* le grand seigneur des convoitises : c'est à lui qu'ils soumettent toutes les facultés de l'âme et des sens. Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? Quels vêtements porterons-nous ? Et comment passerons-nous notre temps ? Par quel moyen pourrons-nus amasser des richesses, accroître notre pouvoir, augmenter nos domaines, et acquérir un grand renom et immortaliser notre lignée sur cette terre ? Cette vile sensualité que le bien aimé apôtre Jean a parfaitement comprise, et exprimée d'une manière très pathétique, en ces termes : « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie », qui, dit-il, « n'est pas du Père, mais est du monde » ; (1 Jean 2:16), et « le monde entier se vautre dans la malignité ». (Jean 5:19)

[* Penn vient juste de citer que la Chrétienté adore Satan, bien qu'ils pensent adorer Christ. Ceci s'applique au 21ième siècle encore plus qu'au 17ième siècle de Penn.]

3. C'est une bien triste réflection, mais en même temps une vérité indéniable, que que ces convoitises mondaines font tout l'objet, de l'étude, de soins et de la conversation de la malheureuse Chrétienté ! Et ce qui en augmente le mal, c'est qu'elle a grandi au fil des siècles. Car, à mesure que le monde a vieilli, il a empiré ; et ni l'exemple de la dépravation de l'époques révolues ni les fins misérables des hommes débauchés de ce siècle, n'ont point servi à détourner du mal ceux qui ont vécu dans les suivants ; mais à les y exciter ; de sorte que les peuples d'aujourd'hui semblent augmenter l'ancien trésor de l'impiété, en quoi ils ont tellement surpassé l'exemple de leurs ancêtres, qu'au lieu d'augmenter en vertu au fur et à mesure que les temps s'améliorent, ils sont, de manière scandaleuse, tombés plus bas que ne vivaient les païens. Leur arrogance, leur concupiscence, leur impureté, leur ivrognerie, leurs jurons, leurs mensonges, leur envie, leur médisance, leur cruauté, leur traîtrise, leur convoitise, leur injustice et leur oppression sont des crimes si commune qu'ils commettent avec tant d'excès et d'ingéniosité, qu'ils ont scandalisé et désabusé les non chrétiens au point que ceux-ci méprisent le Christianisme dont,* leur exemple devrait être une inspiration à la bonne conduite.

[* La conduite des soi-disant Chrétiens est si profane, que leur hypocrisie pousse les incroyants à rejeter Christ. Les gens qui se nomment eux-mêmes Chrétiens, sont des pierres d'achoppement pour ceux qui entendent le message de Christ. Venant de la Parole du Seigneur à l'intérieur : « Êtes-vous en accord avec ceux qui dans leur arrogance ont déclaré que Dieu excuse le mal dans leurs croyants ? Ce n'est pas juste, mais ils ne s'en soucient pas. Par leur affichage évident du péché, les Chrétiens ont amené Mon nom à être blasphémé parmi le peuple. Ces gens ne me représente plus ; ils ont causé une grande indignation. »]

4. Aux temps de la première Église, la gloire du Christianisme était la pureté de ses croyants ; mais depuis lors, il y eut un regrettable abandon de la pureté de la part des Chrétiens ; or de nos jours les Chrétiens doivent être appelés à être un fardeaux sur Christ encore plus grand que celui des Juifs, [qui l'appelaient démon et qui le crucifièrent]. Car les Juifs, par le pouvoir de l'ignorance, avaient sur eux et la prévention extrême où ils étaient contre la manière simple, et sans faste, refusèrent de Le reconnaître lorsqu'Il vint ; mais ils le persécutèrent pendant deux ou trois années, et finalement Le crucifièrent en une journée. Mais la cruauté des faux Chrétiens dure bien davantage. Ils ont, avec Judas, fait profession d'être des disciples, puis, pendant plusieurs siècles, ils L'ont bassement trahi, persécuté puis crucifié : par une apostasie perpétuelle de leur manières, très éloignée du renoncement de soi et de la sainteté de Sa doctrine, leur vies démontrant leur foi par leurs mensonges. Ce sont ceux-là mêmes que l'auteur de l'épître aux Hébreux nous dit « Crucifier pour eux-mêmes le Fils de Dieu et qui l'exposent à l'opprobre. » (Héb 6:6) ; Jean, dans l'Apocalypse, dépeint leur cœur souillé comme, « La place de la grande ville qui est appelée spirituellement Sodome et Égypte, où aussi leur Seigneur a été crucifié. » (Apoc 11:8). Et, de même que le Christ a dit jadis : un homme n'a de pires ennemis que ceux de sa propre maison, de même les ennemis du Christ de nos jours sont principalement ceux qui professent être croyants ; ils crachent sur lui, ils le clouent et le transpercent, ils le couronnent d'épines, et ils lui donnent à boire du vinaigre et du fiel (Mat 27:34). Et ce n'est pas difficile à comprendre ; car ceux qui vivent dans le même principe, dans le même état corrompu que les Juifs qui Le crucifièrent extérieurement, ne peuvent que Le crucifier intérieurement ; puisque ceux qui rejettent la grâce aujourd'hui dans leurs cœurs sont du même ramassis et de la même génération que les Juifs au cœur endurci qui ont résisté à la grâce qui leur avait apparut alors dans Christ et par Christ.

5. Le péché est toujours d'une seule et même origine dans le monde entier ; car, quoiqu'un un menteur peut ne pas être un ivrogne, ni un blasphémateur un proxénète, et qu'à proprement parler un meurtrier, pourtant ils sont tous d'une même Église ; tous des branches issues de la seule et même mauvaise racine, tous apparentés. Ils n'ont qu'un seul père, le diable, tout comme le Christ disait à ceux qui professaient être Juifs, l'Église visible de ce temps-là ; Il refusa de les entendre lorsqu'ils se réclamèrent d'Abraham et de Moïse, et leur a dit simplement que « Quiconque pratique le péché est esclave du péché. » (Jean 8:34). Qu'ils faisaient les oeuvres du diable, et par conséquent ils étaient les enfants du diable. L'argument reposera toujours sur les mêmes raisons, car comme Paul a indiqué : vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, (Rom 6:16) ; et, comme disait Jean à l'Église de jadis : « Que personne ne vous égare : celui qui pratique le péché est du diable. » (1 Jean 3:7-8). Judas en était-il meilleur Chrétien pour avoir dit à Jésus, Salut à Toi, Maître, et pour l'avoir embrassé ? Nullement ; ce fut là le signal de sa trahison ; les signes donnés aux Juifs sanguinaires afin qu'ils puissent le reconnaître et s'emparer de Lui. Judas L'appela Maître, mais il Le trahit ; il L'embrassa, mais Le vendit pour être mis à mort ; c'est là qu'aboutit la religion des faux Chrétiens.

Si on demande à un Chrétien, « Ie Christ est-il votre Seigneur » ?
Ils s'écrieront : « Bien sûr à Dieu ne plaise qu'il ne le fut pas, oui, Il est notre Seigneur et Sauveur. »

« Très bien ; mais gardez-vous ses commandements ? »
[S'ils connaissent ses commandements ils diront], « Non, Comment le pourrions-nous ? »

« Si vous ne gardez pas Ses commandements, comment pouvez-vous prétendre être ses disciples ? »
« Cela est impossible, disent-ils. Quoi ! Vous voudriez que nous observions ses commandements ? Aucun homme ne le peut. »

Quoi, le Christ a-il rendu cela impossible d'être Chrétien ? Le Christ serait-il déraisonnable ?
Moissonnerait-Il là où Il n'a pas semé ? Exigerait-Il une chose là où Il n'en aurait pas fourni les moyens ?

Ainsi, tout comme Judas les Chrétiens modernes L'appellent Maître, mais ils se joignent aux méchants de ce monde pour Le trahir ; et ils L'embrassent et L'étreignent comme de prétendus croyants, superficiels, et ensuite ils Le vendent pour gratifier leurs passions qu'ils cherchent à assouvir. Ainsi que Dieu l'a dit autrefois, ils L'asservissent par leurs péchés, et aussi pour leurs iniquités ! (Ésa 43:24).

6. Que nul ne trompe sa propre âme ; « on ne cueille pas des raisins sur un buisson d'épines, ni des figues sur des chardons » (Matt 7:16) ; ) : un loup n'est pas une brebis, ni un rapace une colombe. Quelque soit le culte, la société, ou l'Église à laquelle vous appartenez, cela est la vérité révélée par Dieu à l'humanité, que ceux qui ont la forme même de la piété, mais qui, par leur vie dénuée de mortifications en renient la puissance, [pour les purifier et les libérer du péché ] ne sont pas de la véritable Église, mais de la fausse église ; bien qu'elle se proclame l'épouse de l'Agneau, ou l'Église du Christ (Apoc 21:2 ; 22:17), elle est ce mystère d'iniquité, ou la mystérieuse Babylone, appelée justement par le Saint-Esprit, la mère des prostituées et de toutes les abominations (Apoc 17:5) ; parce qu'elle est dégérérée de la chasteté et de la pureté chrétiennes, tombée dans toutes les énormités de la Babylone païenne ; la somptueuse cité d'autrefois, réputée pour avoir été le siège des rois de Babylone, et à cette époque le lieu de la plus grande luxure et du plus grand orgueil dans le monde. Telle qu'elle l'a été alors, la Babylone mystique l'est de nos jours, la grande ennemie du peuple de Dieu.

[les Églises protestantes et catholiques sont la Prostituée de Babylone, prétendant être son Épouse vierge, mais commettant continuellement l'adultère spirituel avec le monde en embrassant la cupidité, la convoitise, l'immoralité sexuel, le mensonge, la tricherie, les passes temps complaisants, l'envie, et l'idolatrie.]

7. Il est vrai que ceux qui sont nés de la chair haïssent et persécutent ceux qui sont nés de l'esprit, qui ont le coeur circoncis . Il paraît que ceux-ci [ceux qui sont réellement nées de l'Esprit de Dieu] ne peuvent reconnaître Dieu ni le servir selon les inventions, les méthodes et les prescriptions de la prostituée, ni recevoir comme doctrine leurs vaines traditions, pas plus qu'ils ne peuvent se conformer à leurs coutumes et manières corrompues dans leur conduites. Ainsi, la Prostituée est non seulement une fausse apostate, mais elle est devenue la persécutrice des véritables Chrétiens, [enivrée du sang des saints]. Il ne lui suffit pas d'elle-même décliner de la pureté de jadis, elle force les autres à la suivre dans son impureté. Elle ne donnera point de repos à ceux qui ne veulent pas participer dans cette dégénérescence ou recevoir sa marque. Y a-t-il quelqu'un de plus sage qu'elle, que la l'église mère ? Non, non : et nul ne peut faire la guerre à la bête sur laquelle elle est montée, ces puissances terrestres qui la protègent, et qui font voeu de lui donner leur appui contre les cries de ses non conformistes. Les apostats et les superstitieux ont trop d'orgueil ewt d'impatience, pour supporter que l'on diffère de leurs opinions : il faut tous se conformer ou périr. C'est pourquoi les témoins de la foi sont assassinés, et le sang des âmes qui sont sous l'autel (Apoc 6:9), sont trouvés dans l'enceinte des murs de cette Babylone mystique, cette grande cité de faux Chrétiens, c,est de cela que le Saint-Esprit l'accuse dans l'Apocalypse. Il n'est pas étonnant que celle qui jadis crucifia le Seigneur fasse mourir le serviteur. Mais il est étrange et même barbare, que celle-là tue son époux et assassine son Sauveur, qui semble avoir un amour tant passionné pour ses titres, dès qu'elle a fait de si gros profits et par lesquelles elle voudrait se rendre recommandable, bien qu'elle n'en ait aucun droit. Mais ses enfants sont en sont tellement réduis sous l'emprise des ténèbres, par leur constante désobéissance à la manifestation de la lumière divine dans leurs âmes, qu'ils oublient ce que les hommes étaient au commencement, ou ce qu'eux-mêmes devraient être aujourd'hui ; et ils ne connaissent point le Christianisme pur et véritable lorsqu'ils le rencontrent, bien qu'ils se glorifient eux-mêmes d'en faire profession. Les idées qu'ils se font du salut sont si charnelles et fausses, qu'ils appellent le bien mal et le mal bien. Ils prennent un diable pour un Chrétien, et un saint pour un diable. De sorte que, tout le cours de leur vie injuste soit un sujet de lamentation, comme pour eux-mêmes, cause de destruction, cependant cette imagination commune, qu'ils se font de pouvoir être des enfants de Dieu tandis qu'ils sont dans un état de désobéissance à ses saints commandements, et disciples de Jésus quoiqu'ils se détournent de sa croix, et des membres de Sa véritable Église, qui est sans tache ni ride, bien que leur vie en soit précisément pleine, cette croyance est, de toutes leurs illusions celle qui est la plus pernicieuse à leur salut éternel. Car ils restent tranquilles dans le péché, et qu'ils se tiennent en sécurité dans leur transgression. Leur vaine espérance fait taire leurs convictions, et étouffe toute tentative de repentance ; Tellement que leur erreur touchant leur devoir envers Dieu leur est aussi nocive que leur rébellion contre Lui.

C'est ainsi qu'ils marchent au bord des précipices, et se bercent d'illusions jusqu'à ce que la tombe les engloutisse, et que le jugement du grand Dieu Tout Puissant le tirent de leur léthargie et détrompe leurs pauvres âmes malheureuses en leur faisant sentir l'angoisse des méchants, qui est la récompense de leur oeuvre.

8. Voilà quel fut, quel est, et quelle sera la condamnation de tous les chrétiens mondains. Leur fin est si terrible, que quand bien même Dieu ne me le demanderait, et que je n'aurais aucune obligation envers les hommes, la compassion à elle seule aurait suffit à m'inciter à être contre les convoitises et les superstitions du monde, et à inviter ceux qui professent le Christianisme à la connaissance et à l'obéissance de la croix quotidienne de Christ. Car la croix est la seule voie, qu'il ait laissé et qu'Il nous ait fixée pour recevoir la bénédiction de Dieu. Afin que ceux qui aujourd'hui qui proclament le nom de Chrétiens puissent réellement devenir un, par la puissance de la Croix, à laquelle ils sont aujourd'hui morts plutôt que d'être morts au monde par elle, qu'ils puissent devenir participant de la résurrection qui est en Jésus-Christ, en nouveauté de Vie. Car ceux qui sont véritablement en Christ, c'est-à-dire, rachetés par Lui, et intéressés en Lui, sont de nouvelles créatures (Gal 6:15). ) Ils ont reçu une volonté nouvelle, telle que de faire la volonté de Dieu et non plus leur propre volonté. Ils prient en vérité, et ne se moquent pas de Dieu lorsqu'ils disent : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Ils possèdent de nouveaux intérêts, portés sur les choses d'en haut (Col 3:1-3), et font de Christ leur trésor éternel. Ils ont une foi nouvelle (1 John 5:4), qui est telle qu'ils ont par elle vaincu les pièges et les tentations de l'esprit du monde en eux, ou tel qu'il se manifeste à travers les autres ; et, enfin, des œuvres nouvelles, non pas le produit de superstitions, ou de l'invention humaine, mais les purs fruits que l'Esprit du Christ opère en eux, tels que l'amour, la joie, la paix, la douceur, la longanimité, la tempérance, l'amour fraternel, la foi, la patience, la bienfaisance, la bonté, contre lesquels il n'existe point de loi ; et ceux qui n'ont pas l'Esprit du Christ, et qui ne marchent pas en Lui, ne sont pas des siens, comme l'a dit l'Apôtre Paul, (Rom 8:9) ; mais la colère de Dieu, et la condamnation de la Loi, se trouvera sur eux. Car s'il n'y a pas de condamnation pour ceux qui sont en Christ, qui ne marchent pas dans le chemin de la chair, mais dans la voie de l'Esprit,* selon la doctrine de Paul ; ceux qui ne marchent pas selon ce Saint-Esprit, par sa doctrine, ne sont pas en Christ : c'est-à-dire qui n'ont aucune part en Lui ni aucun juste droit de prétendre à son salut : et par conséquent , la condamnation sera leur partage.

*[Marcher selon l'Esprit c'est être conduit par l'Esprit en pensées, paroles, et actions. Si vous êtes conduit par l'Esprit, vous n'êtes plus sous la Loi. Gal 5:19. Marcher selon la chair c'est marcher selon votre pensée charnelle et votre coeur mauvais, avant qu'il ait été nettoyé et purifié ; mais avant cela, vous n'êtes pas en Christ Jésus parce que vous marchez toujours selon la chair — dans vos convoitises, désirs, affections, plaisirs, orgueils, colère, vanité, peur, inquiétudes, plans, etc. La revendication faussement être en Christ ou la revendication rien faire en son nom est de prendre le nom du Seigneur en vain.]

9. La vérité est que la religion des méchants est mensonge : « il n'y a point de paix », a dit le prophète, « pour les méchants », (Ésa 48:22). En vérité, ils ne peuvent point en avoir ; ils sont réprouvés dans leurs propres consciences, et condamnés dans leurs propres cœurs, pour toutes leur propre désobéissance. Qu'ils aillent où ils voudront, les reproches les accompagnent, et souventefois les terreurs : car c'est un Dieu offensé qui les poursuit de ses flèches et qui, par sa lumière, étale leurs péchés devant eux. Ils essaient quelquesfois de L'apaiser par leur adoration et leur dévotion formaliste et charnelle, mais c'est en vain, car pour adorer Dieu véritablement, c'est de faire sa volonté, laquelle ils transgressent. Tout le reste n'est que faux compliment, comme celui qui disait « J'y vais, et qui n'est point allé (Mat 21:30). Parfois, ils se réfugient dans les sports et la compagnie mondaine afin d'étoufer la voix de celui qui les censures, et d'émousser les flèches, de dissiper les inquiétudes, et se mettre à l'abri de celui qui trouble leurs plaisirs ; mais le Tout­Puissant, tôt ou tard, est certain de les rattraper. Il est impossible à ceux qui rejettent les termes de sa grâce d'échapper à sa justice finale. Les rebelles impénitents à sa loi pourront alors chercher refuge dans les montagnes et dans les cavernes de la terre : ce sera en vain. Son œil qui pénètre partout pénétrera leurs couverts les plus épais, et fera jaillir dans cette obscurité une lumière qui terrifiera leurs âmes coupables, et qu'ils ne parviendront jamais à éteindre. En vérité, leur juge est avec eux ; ils ne peuvent pas plus se débarrasser de lui que d'eux-mêmes : il est au milieu d'eux, et collera après eux. Cet esprit qui rend témoignage avec les esprits des justes, rendra témoignage contre leurs esprits. Même que leurs propres cœurs les condamneront constamment contre eux ; et « si notre cœur nous condamne », dit l'Apôtre Jean, « Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses », (1 Jean 3:20) ; c'est à dire qu'il est impossible d'échapper aux jugements de Dieu, dont la puissance est infinie, si l'homme n'est pas capable d'échapper à la condamnation de son propre cœur.

C'est à ce jour que les Chrétiens orgueilleux et adonnés au luxe apprendront que Dieu ne fait pas de différences entre les personnes, que toutes les sectes et démominations seront enfermées dans ses deux catégories : brebis et boucs, justes et injustes ; et il faut pour cela que les justes mêmes soient éprouvés ; ce qui a poussé le saint homme à s'écrier : « Si le juste est sauvé à grand-peine, qu'adviendra-t-il de l'impie et du pécheur ? » (1 Pi 4:18). Si leurs pensées, paroles et actions doivent endurer l'épreuve et venir à un examen exact devant le Juge impartial du ciel et de la terre, dans ce cas, comment les impies en seraient­ils exemptés ? Non ; Celui qui ne peut mentir nous dit qu'ils seront alors nombreux à crier : « Seigneur ! Seigneur ! », et qu'ils feront état de leur profession, et énuméreront les œuvres qu'ils ont faites en son nom, afin de se motiver à sa miséricorde ; et pourtant ils seront rejetés par cette sentence terrible, « Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l'iniquité », (Mat 7:23). Comme s'il avait dit : « Allez-vous-en, pécheurs ; quoique vous ayez professé mon nom, je ne vous ai jamais connus ; vos mensonges mauvais et vains vous ont rendus indignes de mon Saint Royaume : Retirez-vous de moi et allez auprès des dieux que vous avez servis, vos chères convoitises adorées, et le monde pervert que vous avez tant convoité et adoré. Qu'ils vous sauvent maintenant, s'ils le peuvent, de la colère qui est prête à s'abattre sur vous, le salaire des actions que vous avez commises. » Voici ce qu'adviendra l'oeuvre de ceux qui construisent sur du sable ; le Juge la renversera de son souffle, et terrible en sera la chute. Oh ! c'est alors que les justes auront l'avantage sur les méchant, c'est pour cela que jadis un apostat s'est écrié: « Que je meure la mort du juste et que ma fin soit semblable à la leur », (Nom 23:10).

Car l'arrêt du juste [ceux qui ont trouvé l'éternelle paix et confiance de leur vivant sur terre] sera tout autre, et le juge leur montrera un regard favorable. Il jettera un regard d'amour sur ses brebis, et les invite en ces mots : « Venez, vous les bénis de mon Père », (Mat 25:34) ; ceux qui par une longue et patiente pratique du bien avez longtemps attendu l'immortalité ; vous avez été les vrais compagnons de mes tribulations et de ma croix et, avec une fidélité infatigable, vous avez obéi à sa sainte volonté, vous avez vaillamment enduré jusqu'à la fin, attendant de Moi, qui suit l'Auteur de votre précieuse foi, la récompense de la rénumération que j'ai promise à ceux qui m'aiment et qui ne faillissent point : Oh ! entrez en la joie de votre Seigneur, et héritez du royaume préparé pour vous dès la fondation du monde.

[Les Catholiques Romains disent : « un homme est sauvé par une bonne vie, » faisant référence au jugement des agneaux et des boucs qui sont séparés sur la base de leurs bonnes actions. Mat 25:31-48. Cette croyance est meilleur que le « salut instantané » des Protestants en ce qu'elle reconnait que tout homme est jugé sur ces paroles et sur ses oeuvres ; mais une nature impudique, ou ivrogne, ou une nature cupide, ou menteur, etc., quelques soient leurs bonnes oeuvres, ne seront pas épargnées de la fureur de Dieu. Il est impossible de mener une « bonne vie » à moins que vous soyez commandés par Dieu quelles bonnes actions vous devez faire ; et à moins que votre esprit égoïste soit crucifié sur la croix intérieure su renoncement de soi, pour avoir l'Esprit de Christ prenant sa place sur le trône dans votre coeur, vous ne serez pas commandé par Dieu quelles bonnes actions faire — votre foi sera morte, et votre prétendu salut sera scandaleusement révélé comme un mensonge as a que vous aimez plus que la vérité.]

10. Mon âme prit très fervemment, qu'à ce grand examen qui se fera du monde universel, telle vie qui diffère tant de celle de Christ, et qui lui est si opposé, ne te réduise dans le dernier malheur, et ne te fasse à la fin perdre un aussi grand salut, après votre hautaine profession du Christ et de sa religion douce et sainte. Écoutez-moi bien ; Christ peut-il être votre Seigneur sans que vous lui obéissez ? Ou pouvez-vous être sa servante sans le servir ? « Ne vous égarez pas, ce que l'homme sème, il le récoltera », (Gal 6:7). Il n'est point ton Sauveur tandis que tu refuses sa grâce dans ton cœur, par laquelle il vous sauverait par la purification. Voyons un peu, de quoi vous a-t-il sauvé ? Vous a-t-il sauvé de vos désirs impurs, de vos affections mondaines, et de vos vaines conversations ? Si tel n'est pas le cas, alors il n'est pas votre sauveur ! Car, bien qu'Il se soit offert pour être le Sauveur de tous, Il est véritablement un Sauveur uniquement pour ceux qui sont sauvés par Lui ; et donc ils ne sont pas sauvés par Lui, ceux qui vivent dans ces méchancetés qui les ont éloignés de Dieu, et dont Il était venu les sauver.

Le Christ est venu, pour sauver l'homme du péché, de la mort et de la colère divine, qui constituent son salaire, mais ceux qui ne sont pas sauvés ( délivrés, par la puissance du Christ dans leurs âmes, du pouvoir que le péché a exercé sur eux), ceux-là ne seront jamais sauvé de la mort et de la colère divine, qui sont le salaire assuré du péché dans lequel ils vivent.

Regarde donc à quel point les gens peuvent obtenir la victoire sur ces mauvais penchants et convoitises charnelles, auxquelles ils étaient adonnés : c'est dans cette mesure qu'ils seront sauvés véritablement et qu'ils deviendront les témoins de la rédemption apportée par Jésus-Christ. Son nom témoigne de son oeuvre : « Et tu l'appelleras Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés », (Mat 1:21) « Voici », a dit Jean, parlant du Christ, « l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde », (Jean 1:29). C'est-à-dire, voyez celui que Dieu a donné pour éclairer le peuple et être le salut de tous ceux qui le reçoivent, avec sa lumière et sa grâce dans leurs cœurs ; et qui chaque jour prennent leur croix et le suivent ; ceux qui préfèrent plutôt renoncer eux-mêmes au plaisir d'accomplir leurs convoitises que de pêcher contre la connaissance qu'il leur a donnée de sa volonté, ou que de faire ce qu'ils savent qu'ils ne doivent pas faire.

[De sorte qu'il n'y a aucun doute quant à ce qui est la preuve du salut, de la biographie de William Penn est sa déclaration ci-dessous détaillant sa réception du salut :

« Oui, c'est le Christ, la vraie et seule Semence de Dieu, qui a visité mon âme, même dans mes jeunes années, a présenté mes péchés devant moi, me réprouvé et m'a apporté la tristesse divine, me faisant souvent pleurer dans des lieux isolés et dire dans mon âme : " Ô que j'ai connu le Seigneur comme je dois le connaître ! O que je lui ai servi comme je dois le servir ! " Oui, il y avait souvent une grande inquiétude sur mon esprit à propos de mon éternel état, tristement désirant que le Seigneur donnât mon âme repos au jour grand de difficulté. Or toute la gloire du monde était comme une bulle ; oui, rien ne m'était cher pour moi afin que je pût gagner Christ ; car l'amour, le plaisir et l'amitié de ce monde étaient un fardeau pour mon âme. Dans cet état de cherche, j'ai été dirigé au témoignage de Jésus dans ma propre conscience, comme la vraie luisante lumière, à moi donné de discerner les pensées et les intentions de mon cœur. Et pas plus tôt me je me suis tourné vers elle (la lumière), mais je trouve qu'il est ce qui m'avait visité depuis mon enfance, même si je ne le savais pas distinctement ; et quand je l'ai reçu dans l'amour de lui, il m'a montré tout ce que je n'ai jamais fait et a réprouvé toutes les œuvres infructueuses des ténèbres, me jugeant comme un homme dans la chair et le jugement à la ligne et la droiture à fil à plomb en moi. Par la clarté de sa venue dans mon âme, le Seigneur Jésus a découvert l'homme de péché là, sur son trône et par le souffle de sa bouche, qui est l'épée à deux tranchants de son Esprit, il a détruit son pouvoir (le pouvoir de l'homme de péché) et son royaume ; et ayant fait de moi un témoin de la mort de la croix (dans moi), il m'a aussi fait de moi un témoin de sa résurrection (dans moi), afin que, dans une bonne mesure, mon âme puisse maintenant dire : je suis justifié dans l'esprit ; et bien que l'état de condamnation jusqu'à la mort fût glorieux, cependant la justification à la vie était et est, plus glorieuse. »

L'homme de péché est révélé, le fils de perdition ; qui s'oppose et s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération, en sorte que lui-même s'assiéra au temple de Dieu [dans votre coeur], se présentant lui-même comme étant Dieu. 2 Thessaloniciens 2:3-4. Ceci fait référence au mauvais esprit en vous, l'homme de péché, étant révélé. Chaque homme commence avec l'Esprit de Satan semé dans son coeur. Cet esprit égoïste doit être crucifié avant que Christ puisse régner. Avant que le Christ ne soit révélé, l'homme de péché est révélé, vous montrant toutes formes de méchanceté sur terre (c'est à dire en vous) ; c'est l'abomination de la désolation, se tenant dans le temple de votre coeur où il ne devrait pas être. Mais c'est la fin de votre être charnel, comme Christ vient alors et extermine l'esprit résiduel de Satan en vous par l'éclat de Sa venue, par Son souffle et la splendeur de Sa venue, par l'écrasement de la tête de Satan sous votre talon. Le jugement final. Le vrai baptême du Saint-Esprit : dans la mort du Christ. Le baptême de la mort. Le partage de Sa mort. Alors Jésus est ressuscité en vous pour être votre véritable Seigneur, 2 Cor 4:14,Col 2:11-12,3:1, Éph 2:6, qui ordonne (commande) toutes vos pensées, des paroles à prononcer et des actions à faire.]

CHAPITRE II

Par tout ce qui a été dit O chrétienté ! Et par ce plus grand secours disponible, (si seulement vous vouliez vous en servir), qui est la lumière avec laquelle le Seigneur vous a éclairé ; si elle n'est pas totalement éteinte, il peut sembler évident à prime abord que votre dégénérescence soit profonde et totale, vous qui jadis étiez le temple du Seigneur et qui êtes devenus une cage d'oiseaux impurs ; et à la place d'une maison de prière, un repère de voleurs, une synagogue de Satan, et un réceptacle pour tous les oiseaux impurs.

Ensuite, que sous toute cette défection manifeste, vous ayez néanmoins évalué votre être corrompu en vous basant sur votre profession du christianisme, et que vous vous êtes terriblement trompés vous-même avec vos attentes du salut. La première rend votre faute dangereuse mais la seconde la rend pratiquement incurable.

2. Pourtant, il y a de la miséricorde avec Dieu. Bien que nous devons tous le craindre, Il ne prend point plaisir à regarder dans la mort éternelle les pauvres pécheurs, non, pas même les rétrogrades (Ezé18:20-24). Il désire que tous parviennent à la connaissance et à l'obéissance de la vérité, et qu'ils soient sauvé. Il a établi son fils comme sacrifice propitiatoire, et il a donné comme Sauveur pour enlever les péchés du monde entier, afin que ceux qui croient en lui et qui le suivent, puissent connaître la droiture de Dieu dans la rémission de leurs péchés et l'effacement de leurs transgressions pour toujours (Mat 1:21 ; Luc 1:77 ; Rom 3:25 ; Héb 9:24-28 ; 1 John 2:1-2). Maintenant, voici le remède, une cure infaillible prescrite par Dieu : un élixir précieux en effet, qui ne faillira jamais ; c'est la médecine universelle à laquelle aucune maladie n'a jamais pu résister.

3. Mais, direz-vous, Qu'est-ce que le Christ ? Où le trouve-t-0n ? Et comment doit-on recevoir et appliquer ce puissant traitement ? Je te dirai donc, premièrement ; Qu'Il est la grande lumière spirituelle du monde, qui éclaire tous ceux qui viennent au monde ; et par laquelle Il leur fait voir leurs actions obscures et mauvaises, et leur reproche de les avoir commises. Deuxièmement, Il n'est pas loin de toi (Actes 17:27), comme l'a dit l'Apôtre Paul en parlant de Dieu aux Athéniens. « Vois », dit le Christ lui­même, « je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi », (Apoc 3:20). De quelle porte peut-il bien s'agir, si ce n'est de celle du cœur de l'homme ?

4. Comme l'auberge d'autrefois, avait été rempli d'invités ; vos affections ont entretenu d'autres amours ; il n'y a pas eu de place pour votre Seigneur dans votre âme. C'est pourquoi le salut n'est pas encore entré dans votre maison, bien qu'il soit venu à votre porte et qu'il vous ait souvent été offert à vous, et bien que vous l'ayez longtemps professé. Mais s'Il appelle, s'il frappe encore, si sa lumière brille encore, si elle vous réprimande encore, il y a encore de l'espoir votre jour n'est pas fini, et cette repentance n'est pas encore caché à vos yeux ; mais son amour vous poursuit encore, et sa sainte invitation à être sauvé continu.

C'est pourquoi, Ô Chrétienté, croyez, recevez, et appliquez-vous à lui convenablement. Cela d'une nécessité absolue pour que votre âme puisse vivre pour toujours avec lui. Il a dit aux Juifs, « si vous ne croyez pas que je suis, vous mourrez dans vos péchés ; et là où je vais, vous ne pouvez venir » (Jean 8:21-24). Et parce qu'ils n'ont pas cru en lui, ils ne l'ont pas reçu, ni aucun des bienfaits venant de lui. Mais ceux qui croient en lui le reçoivent ; et à tous ceux qui les reçoivent, son disciple bien-aimé nous dit : « à ceux-là il a donné le pouvoir de devenir les fils de Dieu, nés non pas du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu », (Jean 1:12-13). C'est-à-dire, ce qui ne sont pas enfants de Dieu selon la coutume, les préceptes, et les traditions des hommes, et qu'Il appelle son Église et Son Peuple, qui ne sont pas issus de la volonté de la chair et du sang, et ni de l'invention de l'homme charnel, qui ont connu la régénérescence et la puissance du Saint Esprit, mais de Dieu ; qui est selon sa volonté et l'œuvre et la sanctification de son Esprit et de sa parole de vie en eux. Et cela était toujours bien versé dans la droite application du Christ, car, en effet pour eux, il a été fait propitiation, réconciliation, salut, droiture, rédemption et justification.

Ainsi, je vous dis, à moins que vous ne croyiez que Celui qui se tient à la porte de vos cœurs et qui frappe, et qui étale devant vous vos péchés, et qui vous appelle à la repentance, et le Sauveur du monde, vous mourrez dans vos péchés, et vous n'irez jamais là où il est allé. Car si vous ne croyez pas en lui il est impossible qu'il vous fasse du bien, ou qu'il rende votre salut effectif. Le Christ n'œuvre pas contre la foi, mais il œuvre par elle. Il fut dit autrefois : « En certains lieux il ne fit pas beaucoup de miracles, parce que les hommes ne croyaient pas en lui », (Mat 13:58, Marc 6:5). De sorte que, si vraiment vous croyez en Lui, vos oreilles seront attentives à sa voix en vous, et puis la porte de votre coeur s'ouvrira lorsqu'Il frappera. Vous serez réceptifs à ce que vous dévoilera Sa Lumière, et les enseignements de Sa grâce vous seront vraiment très chers.

5. Il est de la nature de la véritable foi de produire une sainte crainte d'offenser Dieu, une profonde révérence pour ses préceptes, et un respect des plus tendre envers le témoignage intérieur de son Esprit, par Lequel ses enfants en tous temps ont été conduits sains et saufs vers la gloire. Car, comme ceux qui croient vraiment reçoivent le Christ dans toutes les offres qu'Il fait à l'âme, il est aussi vrai qu'ils reçoivent le pouvoir de devenir des fils de Dieu. Ils reçoivent et acceptent une puissance et une aptitude intérieures à faire tout ce qu'Il exige ; Sa force pour mortifier leurs passions, contrôler leurs affections, résister à leurs impulsions mauvaises, renoncer à eux-mêmes, et pour vaincre le monde dans ses apparences les plus séduisantes. Ceci est la vie de la croix bénie du Christ qui fait l'objet du discours suivant, et que toi Ô homme, tu dois prendre, si tu l'intention d'être disciple de Jésus. Et tu ne peux dire non plus que tu reçois le Christ, ou que tu crois en Lui, alors que tu rejettes sa croix. Car, comme le moyen pourvu par Dieu pour parvenir au salut et de recevoir Christ, aussi porter sa croix chaque jour et le suivre, et l'unique vrai témoignage de l'avoir reçu, et c'est pourquoi cela est encouragé par Lui comme étant la grande marque de véritables disciples, « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce soi-même, et qu'il prenne sa croix, et me suive. » (Mat 16:24).

Ceci, Chrétienté, est ce dont vous avez tant manqué, et cette carence s'est avérée la seule cause de la misérable détérioration de la pureté de votre Christianisme. Considérez cette croix, car tel est votre devoir, car c'est par elle que viendra votre restauration.

Car, comme la connaissance de la cause d'une maladie quelle qu'elle soit guide les médecins à rendre un jugement juste et sûr dans l'application de son remède, ainsi elle vous éclairera davantage dans la voie de votre rétablissement pour connaître et peser la cause première de cette faute et maladies spirituelles qui vous a rendu ainsi. Or c'est pourquoi un examen général de la condition primitive de votre église est nécessaire ; et en conséquence le travail de ceux qui ont premièrement œuvré dans les vignes chrétiennes ; et si en cela quelque chose est répété, le poids et la dignité de la question prévaudront sans le besoin de s'en excuser.

6. L'œuvre de l'apostolat, nous dit l'un des premiers haïs avoir œuvré, consistait à tourner les gens « des ténèbres à la Lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu », (Actes 26:18). C'est-à-dire, plutôt que de céder aux tentations et aux incitations de Satan, annulé, qui est le prince des ténèbres et de la méchanceté, l'un étant une métaphore de l'autre, par le pouvoir duquel leurs compréhensions furent obscurcis, et leurs âmes maintenues au service du péché, ils devraient tourner leur pensée vers l'apparition du Christ, la Lumière est le Sauveur du monde ; qui par sa lumière brille dans leurs âmes et qui les réprouve lorsqu'ils s'adonnent au service péché ; de sorte qu'ils puissent devenir les enfants de la lumière, et marcher dans les sentiers de la droiture. Et pour cette œuvre bénie de réforme, Christ a doté ses apôtres de son esprit et de sa puissance, afin que les hommes ne puissent plus jamais dormir dans une sécurité de péché et d'ignorance de Dieu, mais c'est veillé à la droiture, afin que le seigneur Jésus puisse leur donner la vie. Afin qu'ils puissent cesser de pêcher, renoncer eux-mêmes aux plaisirs de la méchanceté, et par une vrai repentance, tourner leur cœur à Dieu en faisant le bien, c'est là que se trouve la paix. Et, en vérité, Dieu a tellement béni les œuvres fidèles de ces humbles membres de la société, qui sont pourtant c'est grand ambassadeur de l'humanité, quand l'espace de très peu d'années plusieurs milliers de ceux qui vivaient sans Dieu dans le monde, insensible, et sans aucune crainte de Lui, sans loi, étrangers à l'œuvre de son Esprit dans leurs cœurs, étant captivé par la convoitise charnelle furent intérieurement frappés et ravivés par la parole de vie, et ont été sensibilisé à la venue et à la puissance du seigneur Jésus-Christ en tant que juge et législateur de leurs âmes, qui, par sa sainte lumière et son esprit a dévoilé les choses cachées qui étaient dans les ténèbres et les a amenés à la lumière, et condamnés et la pure repentance des œuvres mortes fut engendrée en eux, afin qu'ils puissent servir le Dieu vivant en nouveauté d'esprit. De sorte qu'à partir de cette époque, ils vécurent non pour eux-mêmes, et ne furent plus entraînés dans toutes sortes de passions qui, les avait séduits et éloignés de la véritable crainte de Dieu ; Au contraire, « la loi de l'Esprit de vie », (Rom 8:2), par laquelle ils vainquirent la loi du péché et de la mort, fut leur délice, et là-dessus ils méditaient jours et nuits. Le respect pour Dieu n'était plus enseigné par les préceptes des hommes (Ésa 29:13), mais à partir de la connaissance qu'ils avaient reçue par les œuvres et les impressions de Christ dans leurs âmes. Ils ont abandonné leurs anciens maîtres, le monde, la chair, et le diable, et se sont livrés eux-mêmes à la sainte guidance de la grâce du Christ qui leur enseigna « à renoncer à l'impiété et aux passions du monde et à vivre sobrement, justement et pieusement dans le présent siècle », (Tites 2:11-12) : Telle est la Croix du Christ en effet, et telle est la victoire qu'Elle donne à ceux qui la prennent ; par cette croix et meurent quotidiennement à l'ancienne vie qu'ils menaient et par une sainte vigilance contre les mouvements secrets du mal dans leurs cœurs ils écrasèrent le péché dans ses conceptions, oui, dans ses tentations. De sorte que, telle que l'apôtre Jean leur a conseillé, ils « se sont gardés, afin que le Mauvais n'ait point de prise sur eux », (1 Jean 4:18).

Car la lumière, dont Satan ne peut endurer, et avec laquelle Christ les a éclairés, le dévoile à l'intérieur de dévoile à l'intérieur ainsi que toutes ses approches et ses assauts sur la pensée ; et la puissance qu'ils ont reçue à travers leur obéissance intérieure à la manifestation annulée ceux aux manifestations de cette lumière bénie leur a donné la force de résister et de vaincre toutes ces stratagèmes. Et ainsi, là où on ne faisait auparavant l'examen d'aucune chose, alors on n'y laissait rien passer sans l'examiner. Il fallait que chaque pensée soit soumise au jugement et que la source de son penchant soit aussi approuvée, avant qu'ils puissent lui accorder une place dans leur esprit. Il n'y eut plus de crainte de prendre des ennemis pour des amis, tandis que cette garde stricte était en place à la porte même de leurs âmes. Désormais l'ancien ciel et l'ancienne terre, c'est-à-dire l'ancienne conduite moderne, charnelle, c'est-à-dire le culte juif ou le culte des ombres, disparut rapidement, et chaque jour toutes choses devinrent nouvelles. Il n'était plus Juif celui qu'il était extérieurement, ni cette circoncision qui était dans la chair ; mais le véritable Juif l'était intérieurement, et cette circoncision était celle du cœur, dans l'esprit, et non dans la lettre, dont la louange ne vient pas de l'homme, mais de Dieu (Rom 2:28-29).

7. En effet, la gloire de la croix brillait si clairement à travers le renoncement de soi des vies de ceux qui la portaient quotidiennement, que cela frappait les païens d'étonnement ; et en peu de temps cela secoua leurs autels, discrédita leurs oracles, frappa la multitude, envahi la court, et vainquit les armées au point que les prêtres, les magistrats et les généraux ceux rallièrent derrière elle en cortège triomphant tels les trophées de sa puissance et de sa victoire.

Et, tandis que cette intégrité demeurait avec les chrétiens, puissante était la présence, et invincible cette puissance qui les accompagne. Elle éteignait le feu, domptait les lions, des tourner le tranchant de l'épée, mettait hors d'usage les instruments de torture, convainquit les juges et convertit les bourreaux(Héb 11:32-40 ; Ésa 43:2 ; Dan 3:12-30). En fait, les moyens que prirent leurs ennemis pour les détruire ne fient que les fortifier ; et, par la profonde sagesse de Dieu, ce dont l'entreprise était de s'efforcer d'atteindre la vérité en devinrent les principaux propagateurs (Dan 6:16-28). Maintenant, pas une seule pensée vaine, pas une seule parole inutile, pas une seule action impropre ne furent autorisées ; non, aucun regard immodeste aucun vêtement de court, ni aucun appara de célébrant, aucune forme de respects inutiles, aucun honneur personnel ; encore moins ses obscénités contraires aux mœurs et ces vices scandaleux, qui sont aujourd'hui en vogue parmi les chrétiens, n'ont pu trouver d'exemple de complicité parmi eux. Leur souci n'était pas de savoir comment dépenser leur temps précieux dans les plaisirs, mais comment le mettre à profit, (Éph 5:5-6), de sorte qu'il peut s'en avoir suffisamment à travailler à leur grand salut, ce qu'ils firent soigneusement, avec crainte et tremblement ; non avec des bals et des masques, des maisons de jeu, des danses, des fêtes et des jeux ; non, non ; il s'assurait que l'on appelle céleste, et leur élection leur était plus chère que les pauvres joies futiles de ce monde mortel. Car comme Moïse, ayant vu celui qui est invisible, et trouvé que sa bonté valait mieux que la vie, la paix de son Esprit mieux que les faveurs des princes – alors qu'ils ne craignaient pas la colère de César – Henri choisir plutôt de soutenir les véritables pèlerins du Christ dans leurs afflictions, plutôt que de jouir des plaisirs du péché qui ne durent guère qu'une saison ; estimant ses reproches comme ayant plus de valeur que les trésors périssables de la terre. Ici les tribulations du christianisme étaient plus estimables que les confort du monde, et les reproches de Christ comme ayant plus de valeur que tous les honneurs du monde, il y avait alors assurément aucune tentation en cela qui pouvait ébranler l'intégrité de la chrétienté.

8. Par ce court texte de ce que la chrétienté était, vous pouvez voir, Ô chrétienté, ce que vous n'êtes pas ; et par conséquent ce que vous devriez être mais comment se fait-il que d'une chrétienté qui était si douce, si compatissante, si renoncée à elle-même, si endurante, si tempérée, si sainte, si juste et si bonne, qui rassemble tant au Christ, dont elle portait le nom, et ne trouvant maintenant une chrétienté qui est superstitieuse, idolâtre, persil cutrice, orgueilleuse, passionnée, envieuse, méchante, égoïste, ivrogne, avares, impure, [sexuellement immorale¨], menteuse, blasph et matrice, proférant des malédictions, convoit teuses, oppressante, malhonnête, avec toutes les autres abominations connues sur la terre ?

Je pose ceci comme raison indubitable de cette dégénérescence, c'est-à-dire le mépris intérieur de votre pensée envers la lumière du Christ en vous, qui d'abord vous a montré vos péchés, et qui les a réprouvés et qui vous a enseigné et rendu capable d'y renoncer et d'y résister. Car comme votre crainte envers Dieu, et votre sainte abstinence de l'impiété, n'était premièrement pas enseigné par les préceptes des hommes, mais par cette lumière et cette grâce qui révèlent les pensées et les motifs du cœur les plus secrets et qui sent de les parties intérieures les plus profondes, étalant devant vous, vos péchés, et qui vous en firent reproche, aucune pensée inutile, aucune mauvaise action n'échappant à leur jugement ; ainsi, lorsque vous avez commencé à mépriser cette lumière cette terrasse, à la négliger dans cette sainte veille qui jadis était bien établie dans vos cœurs, et n'ayant pas gardé la sentinelle, comme autrefois, pour la gloire de Dieu et votre propre paix, l'ennemi sans repos de l'homme de bien appris rapidement l'avantage de ce relâchement, et souvent il vous a surpris avec des tentations dont la conformité avec vos penchants facilita sa victoire sur vous.

*[Penn et plusieurs des premiers Quakers ont écrit au sujet de leur expérience avec la Lumière qui réprouve le péché et le mal en eux, tôt dans leur bouche. Précédant à la recherche intense, vers l'âge de seize ans, Je peu me souvenir au moins d'une expérience où j'avais planifié d'accomplir une escapade sexuelle, et j'eus soudainement une vision avec une compréhension vraiment clair et convainquante des raisons pour lesquelles je ne devrais pas aller de l'avant avec mes plans. Quand cela se termina, Je me rappelle avoir pensé : « boy, assurément c'était une raison parfaitement indiquée pour laquelle je devrai abandonner mon plan - Je me demande d'où cela provient ? » (Aucune idée). Mais, Je continuais mes plans, avec regrets aujourd'hui. Je comprend maintenant que c'était Christ, la lumière à l'intérieur de moi, me réprouvant. Si j'avais été enseigné dans ma jeunesse à attendre la Lumière Christ à l'intérieur de moi pour me reprendre périodiquement, J'aurais probablement reconnu la source et aurais été beaucoup plus attentif. Ceci m'amène à demander dans quel monde vivrions-nous, si nous étions enseignés en bas âge à s'attendre aux réprimandes convainquantes de Dieu. Le monde serait dans une bien meilleure condition.]

En bref, vous avez négligé de prendre le saint joug du Christ, de porter votre croix quotidiennement, vous avez été négligent dans vos sentiments, et n'avez pas tenu compte ni surveillé vos actions, ni tenu compte de vos gestes. Au contraire, vous avez refusé de vérifier les comptes, en vos propres consciences avec le Christ, votre lumière, le grand évêque de votre âme et juge de vos œuvres : de ce fait, la sainte crainte a décliné et l'amour s'est refroidi, la vanité s'est développée et le devoir s'est alourdi. Alors, le formalisme a prit la place du pouvoir de la pitié ; la superstition a remplacé l'institution du Christ : et, tandis que que le travail du Christ était de d'attirer l'esprit de ses disciples loin d'un temple extérieur est loin des rituels et des cérémonies charnelles, vers l'adoration de Dieu qui est intérieur et spirituel, propre à la nature de la divinité, plutôt qu'un culte mondain, humain, pompeux, et une prêtrise, un temple et un hôtel monde sont rétablis. C'est comme lorsque les fils de Dieu découvrirent que les filles des hommes étaient belles (Gen. 6:2) ; le regard pur que la repentance avait ouvert s'est obscurci. L'œil qui ne voyait aucun avantage en dehors du Christ, devint un œil de convoitise, qui fut de nouveau voreurs par le dieu du monde. Ces plaisirs mondains qui font oublier Dieu à ceux qui aime à s'y adonner, plaisirs qui avaient été, jadis méprisé pour l'amour du Christ, commencèrent maintenant à retrouver leur ancienne beaut et leur attrait dans vos affections et, de là, redevinrent l'étude, le souci et le plaisir de votre vie.

Il est vrai, qui demeuraient encore des formes d'adoration extérieures, ainsi qu'un respect verbal et nominal pour Dieu et le Christ, mais c'était tout ; car la crainte d'offenser la sainte Croix n'était plus, la puissance de la piété était rejetée, le renoncement de soi perdu, et, bien que fructueuses dans les inventions concernant les ornements rituels en revanche, stérile quant au fruit béni de l'esprit. Et un millier de coquilles ne peuvent remplacer un noyau, pas plus que de nombreux corps mort ne peuvent remplacer un homme vivant.

9. C'est ainsi que la religion passa de l'expérience à la tradition, et de l'adoration par la puissance à la forme, de la vie à la lettre morte ; et, au lieu de présenter des requêtes pleines de vie et de force, animé par le sentiment d'un besoin profond et par l'assistance du Saint Esprit, grâce auquel les anciens priaient, luttaient, et prévalait avec Dieu, on ne vit plus qu'un faux rituel répétitif, d'un formalisme insipide et ennuyeux, fait de génuflexion et de simagrées corporelles, de robes et d'ornements, d'encens et de sermons, de lecture biblique, de voix et de musique, plus appropriés à recevoir quelque prince terrestre qu'à célébrer le culte céleste du seul vrai Dieu immortel, qui est un Esprit éternel et invisible.

Mais lorsque vos cœurs sont devenus charnels, votre religion les devenus aussi ; et comme vous ne l'aimiez pas telle qu'elle était, vous l'avez façonné à votre goût : en oubliant ce que le Saint prophet a dit : « Le sacrifice des méchants est en abomination à l'Éternel », (Pro 15:8), et ce que disait Jacques, « Vous demandez, et vous ne recevez pas. » (Jacques 4:3). Pourquoi ? « Parce que vous demandez pour de mauvaises choses » c'est-à-dire, avec un cœur qui n'est pas droit, mais non sincère, et non mortifier, qui n'est pas dans la foi qui purifie l'arme, et par conséquent qui ne peut jamais recevoir ce qu'il demande. De sorte que l'on peut affirmer en vérité que notre condition devient pire par notre religion, car vous êtes tentés de croire que vous êtes meilleurs grâce à elle, alors que ce n'est pas le cas.

10. Bien, par cette vue qui vous est donnée de votre misérable condition déchue du christianisme primitif, et de la véritable cause de cela – c'est-à-dire, une négligence apportait quotidiennement la croix du Christ – il peut être facile pour vous de vous informer vous-mêmes du moyen de vous racheter.

Car, regarder à la porte de sortie, c'est regardé la même porte par laquelle vous devez entrer de nouveaux ; et, en laissant tomber et en déclinant la croix quotidienne cela crée votre perte, alors que reprendre et supporter cote trois quotidiennement stimulera votre rétablissement. C'est ainsi que les pêcheurs et les apostats deviennent les disciples de Jésus. « Quiconque », a dit le Christ, « veut venir après moi et être mon disciple, qu'il se renonce soi-même et qu'il prenne sa croix, et me suive », (Mat 16:24 ; Marc 8:34 ; Luc 14:27). Rien de moins ; Notez cela ! car, de même que cela est suffisant, cela est indispensable ; sans la croix, point de couronne, sans la mort [sur la croix] point de vie éternelle. Il s'agit d'une juste rétribution pour la sainte Croix du Christ de crucifier toutes les affections mauvaises et barbares, qui ont pendant si longtemps crucifié le Christ à nouveau.

CHAPITRE III

Oh, Chrétienté, la croix journalière a toujours été le chemin de la gloire. Ainsi, puisse la section suivante, qui relate pleinement la tête rent de la croix, se présenter à votre conscience avec la plus grande évidence et le plusieurs avantages, et de ce fait mériter une sérieuse considération de votre part,

  • Premièrement, Qu'est-ce que la Croix du Christ ?
  • Deuxièmement, Où doit-on prendre la Croix du Christ ?
  • Troisièmement, Comment et de quelle manière doit-on la porter ?
  • Quatrièmement, Quelle est la grande oeuvre et le grand but de la croix ? A cette rubrique seront amplement étudiés les péchés qu'elle crucifie, ainsi que les méfaits qui accompagnent ces péchés.
  • Cinquièmement et finalement, j'ajouterai plusieurs témoignages de personnages vivants, et morts, de grande réputation, soit pour leur qualité, leur érudition, ou leur piété, afin de confirmer l'ensemble de tout le traité.

Tout d'abord, Qu'est-ce que la Croix du Christ ?

1. La Croix de Christ ; c'est là une manière figurative de parler, empruntée à l'arbre extérieur, ou à la croix de bois sur laquelle Christ s'est soumis à la volonté de Dieu et a souffert la mort aux mains des hommes méchants. De sorte que la croix mystique, et cette terrasse et vertu divine qui mortifie les désirs charnels des hommes, qui contredit leurs affections corrompues, et qui s'oppose constamment à l'appétit charnelle et désordonné de leurs esprits ; de sorte qu'elle peut très bien être appelée l'instrument qui fait saintement mourir l'homme au monde et qui le rend conforme à la volonté de Dieu ; car il n'y a qu'elle seule qui puisse mortifier le péché, ou nous faire aisément soumettre à la volonté divine, dans les choses qui sont fortement contraires à nous-mêmes.

2. C'est donc bien à ce propos que Paul, ce grand apôtre qui connaissait bien les choses spirituelles, appelé dans les premiers temps, « la puissance de Dieu », quoiqu'elle fut considérée comme une « folie » par ceux qui périssaient ; tout comme elle l'est encore pour ceux qui périssent aujourd'hui. C'est-à-dire, que pour ceux qui étaient véritablement fatigués et lourdement chargés, qui avait besoin de Libérateur, pour ceux qui le pêchait était un jour que insupportable et odieux, la prédication de la croix qui devait mortifier le péché, leur était la puissance de Dieu, ou la prédication de la puissance divine, par laquelle ils étaient faits disciple de Christ et enfants de Dieu : et elle opérait sur eux de manière si efficace, que tous les esprits moqueurs fiers et libertins ne pouvaient point les empêcher de l'aimer : mais quant à ceux qui marchaient dans la voie spacieuse ; qui s'abandonnez tout à fait à leurs convoitises ; et qui consacraient leur temps et leurs efforts à satisfaire leurs appétits corrompus, pour qui toujours et tout frais était, et sont, intolérable, la prédication de la croix est de la folie.

3. Tu dit vrai, mais où cette croix paraît-elle donc, et où doit-on la prendre ?

Je répondrai : au dedans, c'est-à-dire dans le cœur et dans l'âme ; car là où est le péché c'est là que doit être la croix. Or tout le mal vient de l'intérieur : c'est ce que Christ a enseigné : « De l'intérieur », dit le Christ, « du cœur de l'homme viennent les pensées mauvaises, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la convoitise, la méchanceté, la tromperie, l'impudicité, le regard malin, le blasphème, l'orgueil, la folie : toutes ces méchancetés proviennent de l'intérieur, et souillent l'homme », (Mat 15:18).

Le cœur de l'homme est le siège du péché, et là où il est souillé, là il doit être sanctifié : et là où vit le péché, là même il doit mourir : il doit être crucifié. L'habitude du mal a fait que les hommes trouvent naturel de faire le mal ; et, de même que l'âme gouverne le corps, de même une nature corrompue régit l'homme tout entier. Mais c'est toujours de l'intérieur que tout cela provient.

4. L'expérience enseigne à tous les fils et à toutes les filles d'Adam de se conformer à ceci ; car les tentations de l'ennemi sont dirigées contre la pensée, qui est à l'intérieur. Si les tentations sont rejetées, l'âme ne pèche point ; mais si elles sont embrassées, alors rapidement naît la convoitise, c'est-à­dire les désirs incontrôlés. La convoitise, une fois qu'elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, une fois consommé, c'est-à-dire commis, entraîne la mort (Jacques 1:15). En tout cela, le cœur de l'homme méchant et le lieu où le diable empreint son caractère ; c'est son laboratoire, la place de sa résidence, où il exerce son pouvoir et son art. Et c'est pourquoi la rédemption de âme est appelée bien à propos, la destruction des œuvres du diable, en apportant au dedans la justice éternelle. (1 Jean 3:8 ; Dan 9:24). Quand les Juifs voulurent diffamer les miracles de Jésus Christ qui chassait les démons, René cutants d'une manière blasphématoire au pouvoir de Beelzébul, Il leur dit ceci : « aucun homme ne peut entrer dans la maison de l'homme fort et piller ses biens, si premièrement il n'a lié l'homme fort », (Mat 12:29). Comme il montre par là la contrariété qu'il y a entre Beelzébul et le pouvoir par lequel il fut possédé aussi il nous apprend que les âmes des méchants sont la maison du diable, et que ses biens ce sont ses œuvres mauvaises, qui ne peuvent être détruites qu'après avoir premièrement enchaîné celui qui les accomplit et qui garde la maison. Tout ceci nous permet de connaître l'endroit où l'on doit prendre la croix, le seul moyen d'enchaîner l'homme fort, piller ses biens et résister à ces tentations qui sont à l'intérieur, dans le coeur de l'homme.

5. De quelle manière doit-on prendre quotidiennement prendre la croix ?

La croix et spirituelle, la manière de la porter l'est aussi : c'est-à-dire, que c'est une soumission intérieure de l'âme à la volonté de Dieu, selon qu'elle se manifeste par la lumière du Christ, dans les consciences des hommes ; quoique ce soit en des choses contraires à leurs inclinaisons naturelles. Par exemple, lorsque le mal se présente à eux, celui qui ne leur découvre, leur dit aussi qu'ils ne doivent pas y adhérer ; et s'ils suivent les conseils de la lumière, celle-ci leur donne le pouvoir d'échapper au mal. Mais ce qui regarde la tentation, et qui s'arrêtent à la considérer, ils succombent et sont alors vaincus par elle ; alors s'ensuit la condamnation et le jugement. Le jugement, car la croix du Christ représente cet esprit et cette puissance à l'intérieur des hommes, quoiqu'il ne vienne pas des hommes, mais de Dieu, qui contrarie et réprouve leurs convoitises et leurs affections charnelles. Ainsi, la manière de se charger de la croix est une résignation entière de l'âme à tout ce qu'elle découvre, et à tout ce qu'elle nous demande de faire : ce n'est pas de consulter les plaisirs du monde, ou les intérêts de la chair, car c'est ainsi que l'on devient captif en un instant, mais c'est de veiller continuellement contre les apparences mêmes du mal ; et par l'obéissance de la foi, c'est-à-dire, d'un amour sincère pour Dieu, et d'une confiance en Lui, offrir courageusement à la mort de la croix, cette méchante partie, ce Judas en eux-mêmes, qui ne peut supporter le feu de la bataille et qui s'impatiente alors de la tentation, et qui par l'affinité étroite qu'il a avec le tentateur, trahirait plus aisément leurs âmes en les livrant entre ses mains.

*[La plupart des gens seront incapables de voir la lumière de Christ immédiatement. Pour entendre la Parole intérieure, la voix du Seigneur, plus typiquement résulte dans le commencement d'efforts dans l'attente du Seigneur. Le fait même d'entendre la parole dans votre coeur n'est pas immédiat pour la plupart des gens.

Jusqu'à ce que vous puissiez entendre la parole du Seigneur et la suivre, la loi intérieure est votre pédagogue. La loi intérieure fait résonner les péchés que vous devez cesser et vous motive à rechercher la grâce du Seigneur, que vous obtenez en venant à Christ, en l'écoutant silencieusement, en l'entendant, et avec foi en Celui que vous entendez, en Lui obéissant. Paul en plus nous dit : si (et lorsque) vous êtes conduit (incités, ordonné, et commandé) par l'Esprit,vous n'êtes plus sous la Loi, Gal 5:18.Voir Jusqu'à ce que Vos Paroles et Vos Actes soient Incités par Dieu, Vous Devez Obéir à la Loi Intérieure dans le Coeur de Chaque homme, pour plus.

Alors que vous commencez à entendre et à obéir aux commandes que vous dit le Seigneur, vous grandissez dans la vie de Dieu, jusqu'à ce que la Lumière paraisse dans vos coeur. Pierre explique cette levée de la Lumière dans vos coeurs : Et nous, nous entendîmes cette voix venue du ciel, étant avec lui sur la sainte montagne. Et [comme nous avons entendu la voix de Dieu de la sainte montagne venant des cieux] nous avons la parole prophétique la plus certaine [la parole dans votre coeur], à laquelle vous faites bien d'être attentifs, comme à une lumière qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour ait commencé à luire et que l'étoile du matin [Jésus] se soit levée dans vos coeurs. 2 Pi 1:18-19

C'est une croix pour la volonté de l'homme de s'asseoir dans l'attente de Dieu, écoutant en silence, luttant pour retenir sa pensée de vagabonder ; c'est une croix pour la volonté de l'homme d'obéir à ce qui est commandé et enseigné par le Saint-Esprit ; c'est la croix que vous devez prendre à chaque jour et renoncer à vous mêmes, pour alors suivre Jésus. Obéir à Sa Voix et à la Lumière c'est suivre Jésus. Ceci c'est la manière de faire ce pourquoi vous avez prié des milliers de fois : que Ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Vous ne pouvez être son disciple à moins que preniez votre croix quotidiennement et et suiviez ses ordres. Le salut n'est reçu uniquement que par ceux qui suivent l'Agneau partout où Il va - qui obéissent complètement à la voix du Seigneur, dans tous ce qu'il commande. Ne vous découragez pas si pendant un certain moment vous n'entendez rien. Même votre attente est tout à votre crédit : Que ta miséricorde, Ô Éternel, soit sur nous, en proportion à notre attente et à notre espérance en Toi. Psaumes 33:22]

6. Oh ! Ceci fait voir à tous ceux qui en font quelque expérience, combien il est difficile d'être véritable disciple de Jésus ! En vérité, le chemin est étroit, et la porte est bien étroite où il ne faut pas qu'une parole, même une pensée, n'échappe à la sentinelle (Mat 24:42 ; 25:13 ; 26:38-41) ou n'échappe au jugement. Une telle circonspection, une telle précaution, une telle patience, une telle constance, une telle sainte crainte et un tel saint tremblement (Phil 2:12). Ceci facilite l'interprétation de ceci qui est difficile à dire : « La chair et le sang ne peuvent point hériter le royaume de Dieu », (1 Cor 15:50) ; C'est à dire ; ceux qui sont esclaves des convoitises et affections de la chair, parce qu'ils ne peuvent supporter la croix ; et ceux qui ne peuvent endurer la croix n'auront jamais la couronne. Pour régner, il est premièrement nécessaire de souffrir (2 Tim 2:12 ; Rom 8:17).

[Être crucifié sur la croix intérieure du renoncement à soi-même est nécessaire pour éviter d'être bannis des cieux après la mort ; il est nécessaire d'atteindre le salut ; il est nécessaire de toujours être dans le Christ ; il est nécessaire d'être un véritable Chrétien. Plusieurs diront, « Oh, Je n'ai pas vraiment besoin d'une couronne, Je veux juste aller au ciel» ; - mais tant que votre égoïsme n'est pas mort sur la croix, vous n'êtes pas aptes pour la compagnie des cieux ; tant que votre nature humaine égoïste n'aura pas été éliminée, tant que vous n'apprendrez pas à vivre dans l'obéissance à Dieu, vous serez misérables dans les cieux, dans le deuil de vos anciennes affections et passes temps.]

CHAPITRE IV

En quatrième lieu : Quel est le grand travail et l'ouvrage de la Croix par rapport à l'homme ?

1. Cette question est en vérité d'une grande importance, elle demande de réponse c'est juste si clair et si entière que tout ce qui a été dit avant ceci paraît seulement servir de préface ; et c'est un cas où l'erreur n'est pas de moindre conséquence que d'égarer l'âme du vrai chemin à la béatitude. Je continuerai donc avec l'aide de Dieu, pour traiter la question du mieux qu'il me sera possible, suivant la connaissance qu'il m'en a donnée dans l'expérience que j'en ai faite, depuis plusieurs années que je suis son disciple.

2. Le grand travail et l'ouvrage de la Croix du Christ dans l'homme c'est le renoncement à soi-même. C'est une parole qui a autant de profondeur en elle-même, qu'elle est en grave contradiction avec le monde ; mais il nous faut pourtant la porter. Le fils de Dieu a marché devant nous, et par la coupe amère qu'il abus, et le baptême qu'il a souffert, Il nous a laissé un exemple afin que nous y marchions.(1 Pi 2:21), C'est ce qui amena la femme de Zébédée à poser cette question difficile, quand elle lui a demandé à ce que ses deux fils soient assis, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche en son royaume : « Pouvez-vous boire à la coupe que je dois boire, et être baptisé du baptême dont je dois être baptisé ? » Il semble que leur foi était grande, car ils répondirent : « nous en sommes capables. » Sur quoi il leur répliqua : « il est vrai que vous boirez ma coupe, et serez baptisé du baptême dont je serai baptisé » ; mais quant à la récompense, il la laissa à son Père (Mat 20:21-23).

[Le renoncement de soi n'est pas directement par soi-même. Ce à quoi renoncer est enseigné par Dieu, dans les commandes et enseignements que vous entendez et voyez alors que vous vous attendez à Dieu quotidiennement, attendant pour votre pain quotidien provenant du ciel, ses paroles qui transmettent esprit et vie. Les commandes de Dieu requièrent que vous renonciez à votre propre volonté et qu'à la place que fassiez Sa volonté, comme dans que Ta volonté soit faite. Ceci est l'obéissance, mais une joyeuse obéissance parce qu'alors que vous obéissez, vous voyez vos péchés disparaître, vous voyez vos vieux désirs fondre devant vos yeux. Chaque révélation, chaque commande, chaque enseignement, chaque encouragement, même chaque châtiment, augmente votre foi et vous change pour devenir de plus en plus comme Jésus ; car, comme vous diminuez, Lui grandit.]

3. Mais qu'elle était cette coupe qu'il a bue, et quel est le baptême qu'il a souffert ? Je réponds, c'est le renoncement à soi-même et l'offrande de lui-même par l'Esprit éternel, qui a fait selon la volonté de Dieu, en souffrant pour le salut de l'homme, les tribulations de sa vie et les agonies de sa mort sur la croix.

4. Quelle est la coupe que nous devons boire, Michele le Bataille qu'il nous faut souffrir ? C'est le renoncement à nous-mêmes, et l'offrande que nous devons faire par le même esprit pour faire ou supporter la volonté de Dieu pour son service sa gloire : ce qui est la véritable vie et obéissance à la croix de Jésus. Chemin qui est toujours étroit, mais qui auparavant n'était pas tracé : car lorsqu'il ne se trouvait personne pour donner du secours, pas un qui pu ouvrir les sceaux, donner la connaissance, et mettre le pauvre homme dans la voie de son rétablissement ; il vint dans la grandeur de son amour et de sa force ; et quoique vêtues des infirmités de l'homme mortel, étant fortifié au dedans par la toute-puissance du Dieu immortel il passa par toutes les peines et les difficultés de la vie humaine et marcha avant tout autre, dans le sentier de la béatitude, dans lequel nul n'avait encore marché.

5. Oh venez ! Suivons-le, le très infatigable, le très victorieux Capitaine de notre salut ; car auprès de lui, tous les grands Alexandres et les puissances César du monde, sont moins que le plus petit soldat de leur camp n'aurait pu être envers eux. Il est vrai qu'ils étaient tous de grands princes en leur genre, et de grands conquérants ; mais selon des principes bien opposés ; car Christ s'est rendu lui-même sans réputation pour sauver le genre humain ; mais ceux la ruinaient entièrement les peuples pour augmenter la leur. Ils ont vaincu les autres mais pas eux-mêmes ; le Christ s'est vaincu lui-même il fut toujours le vainqueur contre les autres. C'est pourquoi son mérite et celui des plus excellents prince et conquérant. De plus, ceux la accroissent leur empire par la rapine et par le sang ; mais il lui a formé le ciait, par la souffrance et la persuasion. Et il n'employa jamais la violence tandis que eux prévalaient toujours par la force : la misère et l'esclavage accompagnaient toutes leurs victoires ; les siennes ont apporté une plus grande franchise et félicitée à ceux qu'il a conquis. En tout ce que ceux-là faisait ils recherchaient leur propre satisfaction ; dans tout ce qu'il a fait il aspirait de plaire à son Père, qui est le Dieu des dieux, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs.

Il est le plus parfait modèle du renoncement de soi que nous devons suivre, si nous voulons parvenir à la gloire. Pour ce faire considérant le renoncement de soi-même dans la véritable distinction est dans toute son étendue.

6. Le propre de l'homme possède deux côtés ; le Moi légitime et le Moi illégitime ; et il doit renoncer à lui-même en toutes les deux, pour l'amour de celui qui, en soumission à la volonté de Dieu, n'a compté rien de cher pour pouvoir nous sauver. Et quoiqu'il ne soit pas commun et de trouver dans le monde des gens qui soient encore parvenus à cet état, et de pouvoir faire usage de la leçon du renoncement à soi-même, en ce qui est légitime, la plupart sacrifiant tous les jours, avec passion, à leurs plaisirs illégitimes : cependant, pour embrasser toute la matière, et par ce qu'il peut faire que ce traité tombe entre les mains de quelques personnes suffisamment avancées, dans cette guerre spirituelle, pour en retirer quelque avantage, j'en parlerai du moins très brièvement.

7. Ce Moi auxquels il nous faut renoncer, dans les choses légitimes ; à cette commodité, cette aise, cette possession et cette abondance : choses qui en elle-même, sont si loin d'être mauvaise, quels sont des effets de la bonté et des bénédictions de Dieu envers nous. Tel que sont mari, femmes, enfants, maison, terre, réputation, liberté et la vie même. Ce sont des faveurs de Dieu dont nous pouvons jouir avec un plaisir légitime et en profiter d'une manière juste et raisonnable : mais lorsque Dieu, qui les a prêté, les réclame, ou qu'il lui plaise d'éprouver nos affections en nous commandant de les quitter ; je dis, quand elles se trouvent en concurrence avec Lui, il ne faut pas les préférer, il faut y renoncer. Christ lui-même a descendu de la gloire de son Père et s'est volontairement rendu sans réputation, parmi les hommes afin de nous en acquérir auprès de Dieu, et du droit qu'il avait de ne pas estimer la rapine égale Dieu, il s'est humilié jusqu'à prendre la forme de pauvre serviteur, même jusqu'à la mort ignominieuse de la croix ; afin d'être pour nous un exemple de l'humilité pure et de la soumission entière à la volonté de notre Père céleste (Phil 2:5-8).

8.C'est là la doctrine qu'il nous enseigne par ces paroles : « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. » (Mat 10:37). De plus, « quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il a, ne peut être mon disciple » (Luc 14:33). Et il dit positivement, au riche jeune homme que s'il voulait avoir la vie éternelle, il devait vendre tous ce qu'il avait, et le suive (Marc 10:21-22). C'était pour lui une triste doctrine, comme elle l'est pour tous ceux qui comme lui, bien qu'ils prétendent à un haut degré de religion, ont réellement plus d'amour pour leurs biens temporels que pour Christ. Cette doctrine du renoncement à soi-même et la condition du bonheur éternel : « celui qui veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive », (Mat 16:24). [Et si nos parents nous empêchent de rechercher Dieu, de suivre Christ avec notre croix, nous devons risquer leur choix de retirer leur support et leurs affections, lorsque nous choisissons de suivre Dieu, plutôt que d'abandonner notre quête].

9. C'est ce que fit que ces honnêtes pêcheurs, quittèrent leur métier légitime, pour le suivre lorsqu'il les appela, et que d'autres, qui attendait la consolation d'Israel, abandonnèrent leurs biens, leur réputation, leur liberté, et même leur vie, au déplaisir et à la fureur de leurs parents, et du gouvernement sous lequel ils vivaient, pour l'avantage qui leur revenait de leur attachement fidèle à la sainte doctrine. Il est vrai que plusieurs avaient bien voulu s'excuser de ce qu'ils ne le suivaient pas : dans la parabole du grand souper, l'un avait acheté un héritage, l'autre avait acheté cinq couples de bœuf, et l'autre avait pris une femme en mariage et il ne pouvait y venir. C'est-à-dire que l'amour immodéré du monde les retenait : leurs biens légitimes, dont il se servait, devinrent leurs idoles : il les adoraient plus que Dieu, et ne voulurent point les quitter pour venir à lui ; mais ceci est enregistré à leur confusion. Et nous pouvons voir cela quel pouvoir à l'amour-propre sur l'homme mondain, et le danger où il le met par l'abus qu'il fait des choses légitimes. Quoi ! Ta femme t'es plus chère que ton Sauveur ! Et qui préfère ton héritage était bœuf au salut de ton âme ? Oh ! Prends garde que les commodités dont il jouit ne te soit d'abord des pièges, et ensuite des malédictions ! De les surestimer, c'est provoquer Celui qui te les a donnés à te les retirer. Viens, et suivons celui qui donne la vie éternelle à l'âme.

10. Malheur à ceux dont les cœurs sont attachés à leurs biens temporels ; car quand ils les perdent, ils perdent en même temps leur ciel. Ce n'est que trop le péché de la plus grande partie du monde, de s'attacher aux agréments de cette vie : et cette chose déplorable de voir combien leurs affections, sont dans le bourbier du souci et de l'embarras, pour les commodités les aises de ce monde. L'homme qui renonce véritablement soi-même est un pèlerin ; mais celui qui en est amateur est un habitant du monde. L'un use de ce monde comme on fait des vaisseaux pour se transporter d'un lieu à l'autre, au comme des commodités dont on se sert dans un voyage ; c'est-à-dire, pour arriver chez soi ; l'autre, de quoi que ce soit qu'il babille, ne regarde à autre chose qu'à se fixer ici-bas, par l'abondance et les aises ; et il s'y plaît tant, que s'il pouvait s'en dispenser, ils ne les quitteraient jamais : quoi qu'il en soit il ne veut pas se donner la peine de penser à l'autre monde jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'il ne peut plus vivre en celui-ci. Mais hélas ! Ce sera alors trop tard ; il faudra qu'il aille, non avec Abraham, mais avec le mauvais riche : l'histoire est aussi vraie que déplorable.

11. Mais de l'autre côté, ce n'est pas pour rien que les disciples de Jésus renoncent à eux-mêmes : en effet, Christ lui-même avait en vue la joie éternelle : « car la joie qui lui était proposée », dit l'auteur de l'épître aux Hébreux, « il a souffert la croix » (Héb 12:2) ;c'est-à-dire, il a renoncé à lui-même, et a enduré les reproches et la mort que lui ont fait souffrir les méchants, et il a maîtrisé la honte, à savoir le déshonneur et la moquerie du monde. Mais ces choses ne l'ont point effrayé ni fait reculer il les a méprisés et s'est assis à la droite du trône de Dieu. Et pour l'encouragement et la grande consolation de ceux qui avaient tout abandonner pour le suivre, lorsque Pierre lui demanda quel serait leur récompense, il répondit : « en vérité je vous dis que vous qui m'avez suivi dans la régénération lorsque le fils de l'homme sera assis sur le temps de sa gloire, vous serez de même assis sur douze trônes alors qu'ils étaient, et vous jugerez les douze tribus d'Israël » (Mat 19:27-29), alors qu'ils étaient dans l'apostasie loin de la vie et du pouvoir de la piété. Tel était le partage des disciples, les compagnons plus immédiats de ses tribulations, et les premiers messagers de son royaume. Mais ce qui suit s'adresse à tous, effacé, : et « quiconque aura quitté à cause de mon nom ses frères, ou ses soeurs, son père, ou sa mère, sa femme, ou ses enfants, aux ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle » (Mat 19:29). C'est cette récompense de la rénumération, cette couronne éternelle de justice, qui, dans tous les siècles, a fait naître dans les âmes des justes une sainte négligence, même un saint mépris du monde. C'est à elle qu'on peut attribuer la confiance des martyrs ; de la même manière qu'on attribue alors sang le triomphe de la vérité.

12. Cette doctrine n'est pas nouvelle, et il était du temps d'Abraham (Gen 12:1-5). En plusieurs exemples très remarquables sa vie était une vie de renoncement à soi-même. Premièrement en quittant son pays natal, où nous pouvons bien supposer qu'il était établi au milieu de l'abondance, ou du moins qu'il ne manquait pas des choses nécessaires. Pourquoi l'a-t-il quitté ? Parce que Dieu le lui avait commandé. En vérité cela devait bien être une raison suffisante ; mais le monde est tellement dégénéré, quand cela vient au fait ce n'en est pas une ; et si quelqu'un aujourd'hui, poussé par le même motif, en fait autant ; on s'en moque ; quoiqu'on le loue en Abraham. Tant les peuples sont sujets à n'entendre point ce qu'ils louent ; même à mépriser dans les personnes de leurs temps, ces actions qu'ils prétendent admirer dans leurs ancêtres.

13. Abraham obéit, et il s'ensuivit que Dieu lui donna un pays considérable. Voilà quelle fut la première récompense de son obéissance : ensuite Dieu lui donna un fils en sa vieillesse : et ce qui rendit cette bénédiction plus signalée ; c'est que selon le cours de la nature, sa femme avait dépassé l'âge de concevoir. Depuis, Dieu lui redemanda leur fils unique, qui était l'objet de la tendresse, la joie de leur vieillesse, le fils d'un miracle, et sur qui dépendait l'accomplissement de la promesse qui lui était faite. Je dis, Dieu lui redemanda ce fils : terrible épreuve ! On pourrait croire que cela aurait bien pu renverser la foi, et faire brancher son intégrité ; tout au moins, lui faire faire ce raisonnement en soi-même, « ce commandement est déraisonnable et cruel, il vient du tentateur, il ne saurait venir de Dieu ; car peut-on penser que Dieu m'ait donné un fils pour le sacrifier ; que le père doive être le boucher de son propre enfant : qui plus est, exigerait-il de moi que j'immole le fils de la promesse par qui son alliance doit être accomplie ; cela n'est pas croyable. » Je dis, qu'Abraham aurait pu répondre tout naturellement pour résister à la voix de Dieu et favoriser la grande tendresse qu'il avait pour son cher Isaac. Mais le bon vieillard Abraham qui avait connu la voie qui lui avait promis un fils, ne manqua pas de la reconnaître lorsqu'elle lui redemanda : il ne s'amusa pas à raisonner, quoique la chose paraisse étrange, et que comme il est homme, elle peut peut-être lui causer quelques surprises et quelques horreurs. Il avait appris à croire que Dieu qui lui avait donné un fils par miracle, pouvait en opérer un autre pour le préserver, ou le ressussiter. Ses affections ne peuvent l'emporter sur son devoir ; beaucoup moins surmonter sa foi ; car il avait reçu ce fils d'une manière qui ne lui permettait pas de douter en rien de ce que Dieu lui avait promis.

À la voix de la toute-puissance, il se prosterna, il bâtit un autel y attacha son fils unique, alluma le feu, étendit la main pour prendre le couteau pour égorger ; mais l'ange arrêta le coût : « Arrête, Abraham, ton intégrité a été éprouvée. » Qu'arriva-t-il ensuite ? Un bélier fut offert en sacrifice à la place, et Isaac lui fut redonné. Ce qui montre combien peu de choses suffise lorsqu'on a tout résigné, et de quel petit sacrifice, le Tout-Puissant se contente quand il approuve le cœur. De sorte que ce n'est pas le sacrifice qui rend le cœur recommandable ; mais le cœur qui fait que le sacrifice est accepté.

Dieu touches souvent à ce qui nous fait le plus de plaisir, et nous demande ce que nous chérissons davantage et que nous avons le moins de volonté de quitter ; non pas toujours pour noter entièrement ; mais pour éprouver l'intégrité de l'âme ; pour nous mettre en garde contre les excès, et nous faire nous rappeler qu'il est l'auteur des bénédictions temporelles dont nous jouissons ; et que nous devons les posséder sans y être attachés. Je parle par expérience : le moyen de préserver ce dont nous jouissons, c'est être résigné à le quitter : et quoi que cela soit difficile, il est doux de voir qu'il nous est redonné, comme Isaac le fut à son père Abraham, avec plus d'amour et dans une bénédiction plus étendue qu'auparavant. Ô monde stupide ! Ô Chrétiens et mondains ! Qui non seulement est étranger de cette foi excellente ; mais qui en êtes même ennemis. Aussi longtemps que vous demeurerez ainsi, vous ne pourrez jamais en connaître les récompenses.

14. Mais l'exemple de Job est très semblable à celui d'Abraham, son renoncement à lui-même, fut également fort remarquable. Car comme les messagers de ses tourments vinrent sur lui en grand nombre, apportant coup sur coup les nouvelles des événements fâcheux, et que l'une n'attendait pas l'autre jusqu'à ce qu'il fut laissé aussi nu que le jour où il est venu au monde. La première chose qu'il fit, fut de se jeter par terre, de se prosterner, d'adorer cette puissance et de baiser cette main qui le frappait. Bien loin de se plaindre, des pertes qu'il avait faites de son bien et de ses enfants ; il en conclut par ces paroles : « Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j'y retournerai ; l'Éternel a donné, et l'Éternel a repris ; que le nom de l'Éternel soit béni », (Job 1:21). Oh ! La profonde foi, la grande patience, et l'entière résignation de cet homme excellent ! On aurait pu penser que ces nouvelles réitérées, de la ruine de ses biens et de ses enfants, aurait suffi pour renverser la confiance qu'il avait en Dieu ; mais pas du tout ; elles affermirent. Et il nous en donne une raison suffisante ; c'est qu'il savait que son rédempteur était vivant. « Je sais », dit­il, « que mon Rédempteur vit », (Job 19:25-26). Et on voit bien qu'il ne savait ; car il l'avait racheté du monde ; son cœur n'était pas attaché aux biens temporels. Son espérance était au déçu des joies du temps et des troubles mortels ; n'étant pas tenté des jeunes, ni ébranlé par les autres ; mais il croyait fermement que lorsque les vers auraient consumé son corps, il verrait néanmoins Dieu de ses yeux. Ainsi le cœur de Job était soumis à la volonté de Dieu, et cela faisait sa consolation.

15. Parmi les grands exemples de renoncement à soi-même dont l'histoire sainte fait mention, avant que Christ parut en chair ; celui de Moïse approche le plus du précédent, il mérite d'être remarqué Moïse avait été sauvé dès son enfance, par une protection particulière de la providence : et il parut aussi, par la suite, que c'était pour un service extraordinaire pour Dieu. La fille de pharaon, de qui les compassions furent le moyen dont Dieu se servit pour le préserver, lorsque le roi décréta de faire mourir les enfants mâles des Hébreux (Ex 1:15-16), le pris pour son fils, et elle l'éleva à la cour de son père. Sa gracieuse prestance, et ses facultés extraordinaires, jointes à l'amour qu'elle lui porta, et au crédit qu'elle avait auprès de son père pour lui donner de l'avancement, devait faire de lui sinon un héritier de la couronne, du moins premier ministre d'État, sous ce riche et puissant après ; car l'Égypte était alors ce qu'Athènes et Rome furent par la suite ; endroit le plus réputé pour les sciences, les arts et la gloire.

16. Mais Moïse, qui était destiné pour un autre travail, et guidé par une meilleure étoile, et par un plus haut principe, n'était pas aussitôt arrivé à l'âge de la raison, que l'impiété d'Égypte et la manière dont ses frères y étaient opprimés, lui devinrent un fardeau insupportable. Et quoi qu'un homme aussi sage et aussi débonnaire ne put manquer des sentiments de générosité et de reconnaissance, qui convenait d'avoir pour ses bienfaits dont la fille du roi avait usé envers lui ; néanmoins voyant ce Dieu qui est invisible, (Héb 11:24-27) ; il n'osa pas vivre dans l'aisance et l'abondance de la maison de pharaon, alors qu'on exigeait de ses pauvres frères qu'ils fissent des briques sans leur fournir de la paille (Ex 5:10).

Ainsi la crainte du tout-puissant saisissant son cœur de manière très forte, il refusa noblement être appelé le fils de la fille de Pharaon, et aima mieux choisir une vie d'affliction avec les israélites les plus méprisés et les plus opprimés de tous les peuples ; et d'être fait compagnon de leurs tribulations et de leur danger, que de jouir pour un temps des délices du péché ; estimant l'opprobre du Christ, lequel il souffrit en faisant ce choix si contraire à la voie du monde, être une plus grande richesse que tous les trésors de ce royaume-là.

17. Il n'était pas non plus aussi dénué de bon sens qu'on aurait pensé ; il avait la raison de son côté ; car il est dit qu'il regardait à la rénumération, et qu'il ne fit que refuser un moindre avantage pour un plus grand. En ceci sa sagesse surpassait celle des Égyptiens ; car ils faisaient leur choix de ce présent monde, aussi incertain que le temps qu'il fera ; et ainsi il perdait celui qui n'a point de fin. Moïse regardait plus loin et percevait dans les balances de l'éternité, les biens dont on pouvait jouir dans cette vie. Il trouva qu'elles n'étaient d'aucun poids. Il ne se contenta pas des avantages temporels qu'il pouvait posséder immédiatement, mais de la nature et la durée de la récompense qu'il devait recevoir. Sa foi corrigeait ces affections et l'enseignait à sacrifier son plaisir naturel à l'espérance qu'il avait d'une récompense plus excellent qui était à venir.

18. Ésaïe n'en fut pas moins un exemple considérable de ce saint renoncement à soi-même, lui qui de courtisans de 20 prophètes, et abandonna les intérêts mondains de l'homme, pour la foi, la patience et les souffrances de l'autre ; car ce choix ne lui fit pas seulement perdre la faveur des hommes, mais fit aussi que leur méchanceté, enragée par son intégrité envers Dieu, dans les fréquentes et hardies réprimandes qu'il leur faisait, en fit à la fin est un des martyrs. Car leur barbarie fit qu'ils le scièrent en deux, sous le règne du roi Manassé. Ainsi mourut cet excellent personnage, appelé communément le prophète évangélique.

19. J'ajouterai encore un exemple, c'est celui de la fidélité de Daniel, un jeune homme saint et pieux, qui abandonnait tous ces avantages extérieurs, sitôt qu'ils devenaient incompatibles avec son devoir envers Dieu tout-puissant. Et plutôt que de se soucier de comment il se préserverait, comme une personne qui ne s'embarrasse de rien de moins que de soi-même, il était, au plus grand hasard de la vie, très soigneux de préserver l'honneur de Dieu, par une fidélité inébranlable à sa volonté : et quoique d'abord sa persévérance l'exposa à la mort ; néanmoins, comme un exemple très encourageant pour tous ceux qui, comme lui choisiront de maintenir une bonne conscience dans un temps d'épreuve ; à la fin elle l'avança beaucoup dans le monde, et fit que le Dieu de Daniel fut rendu fameux et terrible, même aux yeux des rois païens.

20. Que dirai-je de tous les autres, qui ne comptaient rien de cher pour accomplir la volonté de Dieu, et qui aussi souvent que la vision céleste les y appelait, et ils abandonnaient leurs biens temporels, et exposaient leurs aises et leurs sûretés au courroux et à la malice des princes dégénérés et d'une église apostate. Plus particulièrement Jérémie, Ézékiel et Michée qui après avoir renoncé à eux-mêmes, en obéissance à la voix divine, ont scellé leur témoignage de leurs sang.

C'est ainsi que le renoncement à soi-même a été la pratique et la gloire des anciens qui ont précédé la venue de Christ en chair : et espéreront nous maintenant aller au ciel sans se renoncement, lorsque le sauveur lui-même en est devenu le modèle le plus parfait ? Et cela non pas comme quelques-uns prétendent, savoir, pour que nous n'ayons pas besoin de renoncer à nous-mêmes, mais pour que nous puissions y renoncer ; et ainsi marcher sur les traces du Saint Exemple qu'Il nous a donné(1 Pierre 2:21).

21. Vous, qui que vous soyez, qui voudriez faire la volonté de Dieu, mais dans les désirs s'affaiblissent par la considération des obstacles du monde, souvenez-vous, je vous le dis au nom de Christ, que celui qui préfère père ou mère, sœur ou frère, femmes ou enfants, maison ou champs, réputation, en horreur, charge, liberté, ou la vie même, au témoignage de la lumière de Jésus, en sa propre conscience, sera rejetée de lui au jour du jugement solennel où tout le monde sera jugé, et que chacun recevra selon ses œuvres, Et non pas ce qu'il aura professé d'être, en cette vie. C'est la doctrine que Jésus a enseignée, que si ta main droite te cause préjudice, tu dois la couper, et que si ton œil droit te cause préjudice, tu dois l'arracher (Mat 5:29-30) : c'est-à-dire que si les joies les plus chères, les plus utiles et les plus douces sont des pièges pour vos âmes et interrompent votre obéissance à la voix de Dieu et de vous conformer à sa sainte volonté révélée dans vos coeurs , vous êtes obligés de les abandonner sous peine de damnation.

22. La voie de Dieu est une voie de foi, aussi étrange au sens que la mort l'est pour le propre de l'homme. Ce sont ceux qui, avec Saint Paul, considèrent toute chose comme de l'ordure et du fumier, afin de gagner Christ, de connaître ce chemin étroit et d'y marcher, qui sont les enfants de l'obéissance. La contemplation n'y est pas suffisante, et les notions relevées ni sens. Admise. Ceux qui sont obéissants mangent seuls les biens de cette terre (Ésa 1:19). Ceux qui font la volonté, dit le divin Jésus, connaîtront ma doctrine (Jean 7:17) ; Ce sont ceux-là qu'il veut instruire. Il n'y a point de place pour l'instruction où l'attachement aux choses légitimes qui sont maîtres, et non serviteurs. Ce qui en nous recevait l'instruction est opprimé par l'amour-propre. On est craintif et l'on ose pas. Oh ! Que dirait mon père ou ma mère ? Comment mon mari me traiterait-t-il ? Ou finalement, que me ferait le magistrat : car quoi que je suis très fortement persuadé, et clairement convaincu en mon âme de ceci ou de cela ; cependant quand je considère combien cela est hors de l'usage commun, quels ennemis il est quand bien je leur paraissais étrange singulier ; j'espère que Dieu par la pitié de ma faiblesse. Si je succombe, je ne suis fait que de chair et de sang, peut-être que par la suite il me donnera plus de force ; rien n'apparaisse c'est ainsi que les hommes celui qui est attaché à soi-même ; l'homme craintif.

Mais de délibérer est toujours pire, car l'âme y est perdante, à raisonner, la manifestation apporte le pouvoir avec elle : jamais Dieu n'a convaincu personne de leur devoir, à moins qu'ils soient soumis à Lui, qu'il ne les ait rendus capables de le faire. Il n'exige rien sans donner la capacité de l'accomplir. Ce serait se moquer des hommes et non pas de les sauver. Pour faire votre devoir et vous suffit que Dieu vous le montre, pourvu que vous vous joigniez à cette lumière et à cet esprit par qui il vous donne cette connaissance. Ce sont ceux qui ne reçoivent pas Christelle, en ce qu'il rend manifeste à leurs âmes, qui manquait du pouvoir ; et cela en manqueront toujours, mais ceux qui le reçoivent, reçoivent (comme ceux d'autrefois) le pouvoir de devenir les enfants de Dieu, dans la pure obéissance de la foi

23. C'est pourquoi, vous dont les cœurs sont fixés dans vos agréments temporels, et qui est ainsi plus amateur de vous-même que de Dieu, je vous supplie, par l'amour et la miséricorde de Dieu, par la vie et la mort de Christ, par le pouvoir de son Saint Esprit et l'espérance de l'immortalité, de vous contenter des temps passés afin que vous ne pensiez point que ce soit assez d'être exempt de ces impiété dont trop de gens sont coupables ; parce que l'amour désordonné que vous avez pour les choses légitimes, vous en a souillé votre plaisir, et à détourner vos cœurs de la crainte, de l'amour, de l'obéissance et du renoncement à soi-même qui fait le caractère d'un véritable disciple de Jésus. Prenez donc un autre chemin, et écouter la voix silencieuse de votre conscience. Il vous déclare vos péchés et la misère qui étende il vous donne une claire découverte de la vanité même du monde, et fait voir à votre âme quelque aspect de l'éternité, et des consolations dont jouissent les justes qui sont dans le repos. Si vous adhérez à cette voix intérieure, elle vous mettra en divorce contre le péché, et contre vous-même. Vous trouverez bientôt que le pouvoir de ses charmes surpasse beaucoup celui des richesses, des honneurs et des beautés du monde ; et finalement elle vous donnera cette tranquillité acquit les tempêtes du temps ne peuvent point faire faire naufrage, ni la mettre en désordre. En cet état tout ce dont vous jouissez est béni ; mais quoi qu'il soit petit en soi-même, néanmoins il par la divine présence qui s'y trouve.

De ce monde même, la condition des gestes et la meilleure ; car ils usent sans reproche des choses qui s'y trouvent, par ce qu'il n'en abuse pas. Ils voient et bénissent la main qui leur donne la nourriture, les vêtements et qui les garde sous sa protection. Et comme voyant le donateur dans tous ses dents, ils ne les adorent pas, mais lui, ainsi la douceur des bénédictions que Dieu leur donne, est un avantage qu'ils ont de plus que ceux qui ne les voient pas. Outre cela, il ne s'élève pas dans la prospérité, et ne sont pas abattus dans la diversité. Et quelle en est la raison ? C'est qu'ils sont modérés dans l'une, et consolés dans l'autre par sa divine présence.

Enfin, le ciel et le trône, et la terre, marchepied de celui qui a crucifié son ego sous ses pieds. Et ceux qui connaissent cet état n'en seront pas facilement détournés. Ils apprennent à connaître leurs jours ; afin de ne pas être surpris dans la dissolution ; et à racheter le temps ; parce que les jours sont mauvais ; ils se rappellent qu'il ne sont qu'intendant, et qu'ils doivent rendre compte au juge impartial. C'est pourquoi ils ne vivent pas pour eux-mêmes, mais pour Lui ; et ils meurent en Lui, et sont bénis avec ceux qui meurent au Seigneur. Et c'est ainsi que je conclus ce que j'avais à dire du droit usage de la jouissance des choses légitimes.

<Continuer au Chapitre 5>>

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